mardi 3 mai 2011

Progrès social

Je dois l'avouer, il m'est déjà arrivé de «faire des ménages». Non pas que j'excelle dans l'usage de la serpillère et du plumeau, mais parce qu'écrire de temps en temps un article «sur le côté», ça arrondit les fins de mois.
Oh, je savais bien ne pas être le seul à connaître des 30 du mois qui perdurent parfois pas loin de dix jours. Mais je dois avouer que je suis tombé des nues en lisant que 200.000 Belges sont obligés d'exercer carrément deux emplois pour s'en sortir financièrement. Et que leur nombre augmente quasi exponentiellement d'année en année. Ils étaient 25.000 de plus l'an dernier pour 8.000 (seulement) l'année précédente. Mais où donc s'arrêtera le progrès social? Les trente glorieuses avaient bien laissé espérer au plus grand nombre profiter de la prospérité, mais avec la crise, il a ensuite fallu se résoudre à travailler à deux par ménage pour joindre les bouts. Puis, à force de voir les salaires tirés vers le bas, soi-disant à cause de la concurrence des pays émergents, ces mêmes ménages ont dû s'endetter à l'excès pour pouvoir continuer à consommer et se loger. Et maintenant que la crise des subprimes et de la financiarisation à outrance est passée par là, les travailleurs doivent donc se résoudre à exercer deux emplois! Une question fait froid dans le dos pour la suite: quand réinstaurera-t-on le travail des enfants pour permettre aux petites familles de vivre dignement? Peut-être Pierre Mariani, le «patron» de Dexia connaît-il la réponse, lui qui doit au moins exercer 15.000 emplois à temps plein en plus de son job initial pour justifier les 600.000 euros de bonus qu'il a touchés en 2010... Une chose est sûre, avec un tel homme-orchestre, Dexia peut continuer à supprimer des emplois par centaines!

mardi 19 avril 2011

Fausse note


"La Belgique manque de rêveurs"
Voilà deux chanteurs que rien ne prédisposait à partager la Une d'un quotidien vespéral. Sinon les hasards du calendrier de cette fin de mois de mars. Justin Bieber se produisait au Sportpaleis d'Anvers, entouré de ses gardes du corps. Milow sortait son nouvel album subtilement intitulé "North and South".
La comparaison pourrait s'arrêter là, sinon que tous deux chantent en anglais et que l'un n'a vraiment pas grand-chose à dire en dehors de «faites passer Dieu avant tout» alors que l'autre ne manque pas de messages à partager. Comme cette franche considération: «l'identité flamande n'existe pas, au contraire de l'identité belge». C'est vrai qu'il aime son pays, Jonathan Vandenbroeck (de son vrai nom), au point de regretter qu'il «manque de rêveurs» et que les Flamands ont trop tendance à regarder le côté négatif des choses. Un Flamand qui critique ses concitoyens, même en anglais dans le texte de ses chansons, ça passe plutôt mal au nord du Pays. Et quand il se met en plus à estimer, dans une interview à un quotidien néerlandophone, que Bart De Wever «n'a encore rien réalisé», ça déclenche la polémique. Tout l'état major de la NVA crie au scandale et au coup de pub d'un chanteur en mal de ventes. On appréciera la capacité des nationalistes flamands à faire bloc. Mais réagir comme un seul homme contre un homme seul qui ose exprimer une opinion propre, c'est tout de suite moins appréciable. C'est même franchement inquiétant. L'histoire donne cependant raison à la NVA sur un point: désormais, les francophones ont largement découvert Milow. Et peut-être même apprécié. Mais que le jeune Justin Bieber se rassure, vu que la chanson à texte n'a plus la cote, il peut continuer à n'avoir rien à dire à ses innombrables fans.

dimanche 17 avril 2011

Retour du Havre, avant la marée

Bruxelles est bien belle après une semaine de balade à vélo. Mais les images restent gravées, les souvenirs brûlants, la venue de Diego et de Thomas touchante. On ne tourne pas aussi sec la page d'une semaine comme celle-là. Il ne faut pas toujours partir à l'autre bout du monde... Je la refermerai, provisoirement, avec ce joli coucher de soleil...

samedi 16 avril 2011

Normandie 3: Le Havre d'après guerre

Le "Volcan" de Niemeyer
Me voici au Havre. Fin de mon périple à vélo. Demain soir, je serai rejoint par Thomas et Diego pour un dimanche qu'on nous annonce ensoleillé, enfin. J'avais hésité à faire cette escale au Havre, une ville portuaire, industrielle et détruite par les alliés à la fin de la dernière guerre. J'avais largement tort...
L'égilse Saint-Pierre
La ville a été reconstruite en quelques années seulement sur les plans d'Auguste Perrot, l'architecte du théâtre des Champs-Élysées à Paris et de la tour du même nom à à Amiens, d'où j'ai démarré ma randonnée - curieux hasard - avec un talent dingue. Depuis, les architectes s'y bousculent, dirait-on, de Niemeyer avec son contesté volcan à Jean Nouvel avec sa trop discrète piscine, pour prolonger ou contredire le projet initial. Le résultat est impressionnant, à la fois grandiose, mais pas démesuré, déroutant mais agréable à vivre, austère sans être froid.
Bref, je sens que je vais adorer cette ville, sans compter que je me réserve une visite au musée Malraux qui renferme une des plus belles collections d'impressionnistes. Que du bonheur... Et de la vie, dans les restos, les bars, le long des anciens quais aménagés et de la plage d'où le coucher de soleil était admirable ce soir.

mercredi 13 avril 2011

Normandie anglaise







Même si ca monte et ca descend. Même si je n'avance pas très vite sur mon cher vélo. Même si j'ai mal au cul, pour être franc, il fait froid, mais c'est beau, les gens sont plutôt sympas les paysages jolis et mon vélo fidèle. Cet après midi, j'ai eu le toute grande chance de visiter le jardin du Bois des Moutiers a Varengeville sur Mer, et surtout la villa Art and Crafts qui le domine. Une emotion forte, un choc. Une déception aussi: les descendants du fondateur, Guillaume Mallet, vont vendre. Envie de se mobiliser pour garder ce patrimoine public et vivant. Mais c'est une autre histoire. Ce soir fatigué, je doute sur ma destination de demain. La côte ou la vallée de la Seine? Et pour aboutir où? On verra demain...

mardi 12 avril 2011

Normandie 2





Premières images... Bon, on repassera pour la qualité. Demain, peut-être?

lundi 11 avril 2011

La Normandie sur deux roues - 1

Superbes vitraux de Manessier à l'église du Saint Sépulcre
Bon, déjà le titre est trompeur, vu que je ne suis pas encore en Normandie, mais toujours dans le Nord, dans la Somme plus précisément, sur les hauteurs d'Abbeville. Fin de la première étape de ce qui devrait être une balade d'une petite semaine sur les routes de France. Une première pour moi, en solitaire de surcroît. Faut avouer que Thomas m'a sérieusement aidé. Par sa patience et par le lift en voiture qu'il m'a offert jusque dans la campagne amienoise. De là, regagner Abeille sur ma petite reine qu'il faudra que je finisse par baptiser fut un jeu d'enfant, malgré mes craintes, les treize kilos de bagages, peut être superflus, dans les sacoches arrières et le vent de face. Le départementale 112 est bien jolie le long des marais de la Somme, au fil des châteaux, sous un soleil de fin de journée. C'est vrai que j'ai démarré tard, vers 17 heures, mais il est vrai aussi que ce matin nous étions encore à Bruxelles, Thomas mal réveillé et moi hésitant a boucler mon bagage tant les prévisions météo sont humides pour ces prochains jours.
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jeudi 31 mars 2011

Regards sur la simplicité forcée

L'histoire a certes gardé la trace des "grands de ce monde" comme dit la chanson des canuts, mais nombre d'artistes ont aussi recueilli le témoignage, souvent anonyme, parfois involontaire ou inconscient des plus humbles, des plus pauvres, de ces personnes obligées à mener "une vie simple" de labeur, de mendicité, de misère. Ces témoignages, écrits, peints, sculptés se trouvent eu coeur de deux événements culturels qui se trouvent en outre reliés par une date précise: le 1er mai, journée du patrimoine de la Communauté flamande (Erfgoeddag). À cette occasion, les Arhive de l'État organisent dans différentes villes flamandes des expositions mettant en lumière diverses facettes de la pauvreté dans l'histoire du Pays. À Bruxelles, le public pourra découvrir aux Archives générales du Royaume une expo intitulée "Misérables? Regards sur la pauvreté du 13e au 18e siècle". Et comme en prolongement, le Musée Charlier relativement proche propose, en ce 1er mai, mais aussi tous les jours ouvrables jusqu'au 30 septembre prochain, "Une Vie simple", exposition des oeuvres d'artistes belges des 19e et 20e siècles qui ont témoigné de la condition ouvrière et paysanne, des stratégies de survie, des conditions de vie, des croyances et de l'émancipation. Une autre façon de "fêter le travail".
www.erfgoeddag.be et www.charliermuseum.be

lundi 21 mars 2011

"Les guerres puritaines"; l'esprit s'invite au débat

Si vous ne voulez pas passer à côté d’une perle, surtout ne lisez pas le quatrième de couverture des «Guerres puritaines», ouvrez directement à la page 9. Car si le résumé peut sembler hermétique, l’ouvrage lui-même, sans se lire comme un roman à suspens, capte néanmoins le lecteur par une bonne dose d’intelligence piquée de nombreux traits d’humour particulièrement rafraîchissants au vu du sujet traité: le port du voile dit islamique. Un humour qui a le bon goût de ne tourner aucun positionnement en dérision et se contente, plus subtilement, de renvoyer dos à dos les principaux protagonistes du débat. D’un côté les «puritanistes religieux» qui «prétendent que les femmes ne peuvent pas laisser voir (leurs cheveux), sauf en certains endroits privés»; de l’autre les «puritanistes laïques» qui estiment que «les femmes peuvent laisser voir leur foulard, sauf en certains lieux publics». Pour les premiers, le foulard est d’abord un vêtement qui cache certaines parties du corps féminin. Pour les autres, il est avant tout un signe, qui sert à manifester certaines convictions. Entre vêtement et signe, un champ (sémantique) de possibles s’ouvre, vaste comme le débat qui anime nos sociétés occidentales depuis une vingtaine d’années, généralement sur le dos, ou plutôt sur la tête, des femmes. Mais l’humour de Bruno Martens, a d’autres vertus que le seul décodage des symboles. Celles, avant tout, de dédramatiser le débat et de rassurer ceux qui perçoivent le foulard comme un rejet avant tout. En ne limitant pas le débat aux seuls principes, ce livre offre en effet des arguments de «simple bon sens» à ceux qui se questionnent, doutent, n’osent pas (encore) ce pas salutaire vers l’autre. «Si l’autonomie des femmes musulmanes doit être prise un tant soit peu au sérieux, conclut l’auteur, alors il faut s’interdire d’interdire tout autant que d’obliger. Il reste permis de discuter, bien sûr, d’autant plus si c’est avec humour». L’ouvrage de Bruno Martens, physicien, philosophe et par ailleurs actif sur le terrain de la cohésion sociale à Schaerbeek, est une salutaire invitation à la discussion.

Martens, B. «Les guerres puritaines, Signes religieux et vêtements pol(ys)émiques», Irfam/ L’Harmattan, coll. Compétences interculturelles (dir. Altay A. Manço), Paris, 2011.

mercredi 9 mars 2011

Le pain noir de l'économie allemande

Que ceci reste strictement entre nous: il m’arrive parfois de zapper sur ARTE, lorsque le suspens de «Danse avec les stars», sur TF1, devient insoutenable. Et, dernièrement, je suis tombé, sans trop de mal, merci, sur l’excellente émission «Karambolage», qui compare, avec talent et humour, les mœurs, us et coutumes des Français et des Allemands. L’expression du jour était «manger son pain blanc», illustrée par la vertigineuse perte de popularité de Nicolas Sarkozy. Le président de la République française a donc «mangé son pain blanc» expliquait-on aux téléspectateurs germanophones, davantage amateurs de pain gris que de baguette, il est vrai. Mais pour 6,5 millions d’Allemands travaillant dans des secteurs à bas salaire, il faudrait plutôt parler de «manger son pain noir», quand il en reste... Parmi eux, 1,2 million de salariés gagnent même moins de 5 euros bruts par heure de travail, comme cet agriculteur bavarois qui n’en récolte que 4,52 ou cette coiffeuse de Saxe, obligée de survivre avec 2,14 euros horaires. Pendant ce temps, le débat fait rage outre-Rhin: faut-il ou non instaurer un salaire interprofessionnel minimum de 7,50 euros l’heure pour l’ensemble des travailleurs? Un débat vieux de plusieurs années déjà et un montant même plus indexé depuis 2007. Il est vrai que le risque d’une telle protection sociale est moins de faire une entorse à la sacro-sainte autonomie conventionnelle qui, en Allemagne, laisse aux syndicats et au patronat le soin de régler ces questions, que d’affaiblir la célèbre compétitivité allemande, et donc de mettre en danger un modèle économique dont toute l’Europe devrait s’inspirer, nous ressasse-t-on de toutes parts...

vendredi 18 février 2011

Le Hollandais volant voyage en lowcost

Michael O’Leary, le bouillant PDG de Ryanair, aurait-il trouvé son maître ? Je ne parle pas de la société italienne Aviointeriors qui a mis au point le «SkyRider», une sorte de faux siège pour avion qui oblige les passagers à se tenir dans une position quasi verticale et très inconfortable, mais qui permet de gagner 12 centimètres entre chaque rangée et d’entasser d’autant plus de monde. Non, Michael O’Leary n’a aucune crainte à se faire du côté de l’Italie, lui qui a déjà suggéré de faire voyager des passagers tout simplement debout; l’accès aux toilettes restant bien entendu payant. O’Leary n’a rien à craindre non plus des turbulents étudiants bruxellois qui se sont fait débarquer d’un avion Ryanair à Lanzarote pour avoir pris à partie le personnel de bord qui leur réclamait des surtaxes pour excès de bagages. La réplique du PDG n’a pas manqué d’humour très british : une vidéo postée sur YouTube qui explique une méthode pour voyager léger, sur une musique du célèbre feuilleton humoristique Benny Hill. Non, c’est contre toute attente des Pays-Bas que vient le danger pour lui. Un ingénieur hollandais, lassé de payer la surtaxe de bagages sur les vols Ryanair a, non sans humour, conçu un manteau permettant de stocker entre poches et doublure pas moins de 15 kilos de bagages. Le règlement de la compagnie à bas coûts ne prévoit rien au sujet des vêtements. Et l’ingénieur ne craint nullement de confirmer la réputation un peu pingre de ses compatriotes, surtout s’il peut équiper les étudiants belges. Face à un danger aussi imminent, Michael O’Leary n’aura d’autre issue que mettre en application l’une de ses célèbres fausses bonnes idées : taxer les passagers obèses.

lundi 31 janvier 2011

Record battu au "petit" salon de l'auto

Eternelle Coccinelle
Y’a pas à dire, janvier est un mois morose. Surtout en Belgique après 7 mois de crise politique. Certes, les jours commencent à s’allonger, mais on le perçoit à peine. Bien sûr, les soldes égayent les vitrines, mais quand on a déjà trop dépensé avant Noël... Et qu’on ne parle pas de la galette des Rois, tout juste bonne à ajouter des kilos aux kilos superflus des fêtes de fin d’année.
Janvier n’est-il pas le mois des bonnes résolutions qu’on ne tient pas? Les partenaires sociaux étaient résolus à sceller un accord interprofessionnel, mais le texte a fait hurler les militants. La reprise économique devait pointer le bout du nez, mais de façon si déséquilibrée que même le patron du FMI voit dans le chômage et les tensions entre pays «les graines de la prochaine crise».
Non, décidément, janvier n’aura tenu aucune promesse… sauf peut-être à Brussels Expo, où le «petit» salon de l’auto a attiré 380 000 visiteurs en 10 jours. Un record dont les organisateurs de la FEBIAC se félicitent «en dépit d’un contexte économique délicat...». Voilà qui est rassurant. Lorsque tous les habitants de la planète posséderont autant d’autos que les Européens, il y aura non plus 1,2 milliard de véhicules sur terre, mais 3,9 milliards; de quoi épuiser les réserves pétrolières, doubler les émissions de CO2, généraliser les embouteillages et démultiplier les cas d’asthme...
Et comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, pendant ce salon et sous la pression de la même FEBIAC, des députés MR, VLD, CD&V et NVA ont renoncé à voter une proposition de loi visant à encadrer la publicité pour les voitures et rendre plus lisibles les informations sur leurs émissions de CO2... Ah, dernière bonne nouvelle: février ne fait que 28 jours cette année!

lundi 17 janvier 2011

Quand Doc Martin guérit de la belgitude aiguë

C'est fou les bonnes raisons qu'on a de regretter d'être belge par les temps qui courent: toujours pas de gouvernent, ni d'accord interprofessionnel, tant des spéculateurs qui misent sur notre incapacité à honorer notre dette publique, trop des sociétés de cotation qui attendent de nous dévaloriser, et le CD&V incapable de se "déscotcher" de la NVA, le cdH toujours aux trousses du PS, sans parler de tous ces trous dans les routes wallonnes, et bruxelloises, et les pompiers qu'il faudra payer même à ne rien faire, Claude Eerdekens qui voit des connards partout et qui se rabat sur De Gaulle, et François de Brigode qui n'arrive à se "déscotcher" ni du PS ni du 19h30, Daniel Bacquelaine qui réussit à être encore moins sexy et plus antipathique que Didier Reynders, Reynders qui continue à parader à l'ECOFIN, Josy Dubié incapable de quitter la politique sans y laisser un petit frère encore plus indigent que lui, et les pauvres, toujours plus pauvres, et Charleroi, toujours plus noire, et le Sud, toujours plus au sud et le Nord, toujours plus à l'ouest...

C'est fou le nombre de raisons qu'on a de désespérer d'être belge. Heureusement, il y a un antidote: une soirée télé sur TF1. C'est vrai, il faut être au bord du désespoir pour tenter l'expérience. Mais elle est d'autant plus forte, croyez-moi. Et même sans aller jusqu'au fond du fond du puits des talk-shows stériles, une soirée avec Doc Martin entrecoupée de publicités débilitantes pour la MMA ou pour Décolor Stop par Mimie Mathy, suffit à donner un violent coup de talon et se dire... je me ressaisis, qu'est-ce que je suis fier d'être belge, n'en déplaise à Marine Le Pen. Merci la RTBF et le service public, merci la Communauté française et tous ses copinages, merci l'éducation aux médias qui réfléchit plus qu'elle n'agit, merci les institutionnels, les «cultureux» apparatchiks, les cryptosocialos, merci Fadila Laanan qui assume d'arroser des projets aussi démesurés que le chapiteau d'Arsenic et aussi creux que son géant de Kaillass; ça pourrait être pire! C'est dire...

jeudi 16 décembre 2010

La guerre aux frontières... n'a rien d'une fiction

Voilà une initiative citoyenne qui donne envie d’être vue, soutenue, promue. Didier Seynave, cinéaste à ses heures et grand voyageur par ailleurs, s’est ému, lors d’un séjour au Maroc, des insurmontables difficultés rencontrées par les Marocains désireux de venir voir à quoi ressemble l’Europe ou de rendre visite à leurs familles expatriées ici. Difficultés moins liées aux législations marocaines qu’aux barrières, toujours plus hautes, dressées par l’Europe pour se «protéger».
Cette première indignation, suivie de multiples lectures et rencontres, vient de déboucher, au terme de quatre années de tournage, sur un remarquable documentaire, intitulé «La guerre aux frontières».
Remarquable par son exhaustivité, par sa force d’interpellation, par sa pédagogie aussi. Si le film fait 5h20 - il faut s’accrocher - c’est parce que l’auteur a voulu aborder la question des migrations sous toutes ses facettes. Et il en a dénombré 25, traitées en autant de chapitres qui s’enchaînent pour former un récit; l’histoire d’un candidat migrant, depuis son pays d’origine et ses motivations politiques ou économiques jusqu’à une hypothétique régularisation en Europe.
Autre originalité, ce ne sont pas des migrants qui racontent leur parcours, mais bien des acteurs tant associatifs que politiques, parmi lesquels on regrettera peut-être de ne pas trouver plus de contradicteurs, qui s’en font témoins plus ou moins volontaires, à travers leurs analyses, critiques et commentaires.
Les interviews, nombreuses - 36 personnes ont été interviewées - sont sobres dans la forme, mais généralement interpellantes dans leur contenu, quant elles ne sont pas poignantes. Les propos étonnent, révoltent même. Les chiffres s’imposent, sur des graphiques limpides. Les idées reçues se brisent, sur les récifs méditerranéens ou sous les balles des gardes-frontières. Les questions se font fondamentales : de quel droit empêche-t-on un homme de se déplacer ? De chapitre en chapitre - qui peuvent aussi être vus séparément - la longue quête de Didier Seynave se transforme en parcours quasi philosophique.


Pour en savoir plus sur cette réalisation originale de Didier Seynave avec Christian Cartiaux ou pour se procurer les (2) DVD du documentaire: www.laguerreauxfrontieres.com

vendredi 10 décembre 2010

Cachez ces transferts

Une amie française expatriée à Bruxelles décida de découvrir la Wallonie. C’était une infidélité à la mer du Nord, qu’elle adore par tous temps; à Ostende dont elle a souvent goûté le charme désuet; à l’accent west-flandrien si rude, même lorsque les commerçants répondent en français à leurs clients.
Une infidélité motivée par un automne radieux et le «retour des couleurs», comme disent les Canadiens. Ces rouges, jaunes et roux qui pendant quelques journées d’automne illuminent arbres et forêts. Elle avait réservé dans une auberge de charme, aux confins du Condroz et de l’Ardenne. Six chambres proprettes, une cuisine savoureuse et un accueil parfait. Elle fut à la fois comblée et juste déroutée: tous les clients, le soir au repas, parlaient flamand... Ici, dans le cœur de la Wallonie? Elle comprit bientôt que le parton lui-même et son épouse étaient originaires de l’autre côté de la frontière linguistique. Pourquoi pas?
La matinée du lendemain fut radieuse. Après un bon bol d’air et de nature, une belle palette de couleurs et d’odeurs, elle aboutit en ville pour le déjeuner. Une de ces petites villes charmantes et touristiques, dont les terrasses débordent le week-end. Sa première vision fut celle d’une boulangerie-pâtisserie appelée fièrement «bakkerij». Sa deuxième impression fut définitive, assise à la terrasse blindée d’un restaurant où tout le monde parlait flamand, même le serveur: la «Wallonie profonde» est franchement plus exotique que prévu et les transferts Nord-Sud, nettement plus humains qu’annoncés. Drôle de pays, se dit-elle, qui se déchire tout en s’arrachant ses coins de charme.

dimanche 14 novembre 2010

Recette de filets de sébaste aux courgettes

Bon, je n'en ferai pas une habitude, mais là, je ne suis vraiment pas mécontent de cette petite quasi-improvisation culinaire. Je vous la livre, dans son contexte. On revenait du cinéma, avec Thom, on avait vu avec plaisir "Potiche", de François Ozon, et il nous restait au frigo deux filets de sébaste, quelques patates déjà cuites, un peu d'aneth frais, un bout de gingembre, deux courgettes et, forcément, une bouteille de blanc sec. Courgettes que Thomas n'aime pas plus que ça, d'ailleurs. J'ai même eu la mauvaise idée de lui dire, à Thomas: " je vais te faire aimer la courgette". Ce qui l'a beaucoup fait rire, pendant que j'attaquais les préparatifs. Alors,voici cette recette très librement inspirée de

"Lavez les courgettes et retirez les bouts. Émincez-les dans le sens de la longueur en rubans avec un économe, en laissant de côté les premières couches vertes. Pour chaque filet de poisson, étalez plusieurs tranches de courgettes sur une surface de travail, côte à côte, en les faisant se chevaucher, en diagonale. Déposez le poisson en travers et assaisonnez légèrement de sel et de poivre et d'un peu d'huile d'olive. Ajoutez un demi-piment rouge finement haché, quelques lamelles de gingembre et quelques branches d'aneth. Faites chauffer une cuillère d’huile dans une poêle antiadhésive et recouvrez-en bien le fond. Posez les paquets de poisson avec les faces à sceller en dessous, dans l’huile. Ajoutez les patates et le cœur de courgette restant coupé en cubes. Couvrez la poêle et cuisez sur feu moyen. Au bout de trois ou quarte minutes, ajoutez un peu de vin blanc sec pour éviter que cela adhère. Maintenez jusqu'à ce que le poisson soit juste cuit, environ 6 à 9 minutes, selon l’épaisseur des filets. Transférez le poisson sur les assiettes. Les patates et les cubes de courgettes en décoration. Servez immédiatement." C'est juste léger et délicieux.

vendredi 15 octobre 2010

Les sauts de puces


Il y a de ces soirées où l’actualité ne manque ni de rebondissements, ni de piquant. Faisons, par exemple, un saut de puce dans le temps, pour revenir à la soirée du 27 septembre dernier, fête de la moribonde Communauté française.


Au JT du soir, le journaliste a bien entendu interviewé plusieurs responsables politiques sur l’importance de l’institution. On comprend qu’il ait pris un malin plaisir à leur chercher des poux, au moment où ces mêmes politiques sont prêts à sacrifier la Communauté sur l’autel des négociations institutionnelles.
On a appris ensuite que le Vatican tente de faire oublier une trop piquante actualité en inaugurant ses bibliothèques entièrement rénovées et toujours aussi bien gardées. Chaque ouvrage précieux est désormais affublé d’une puce électronique permettant de retracer ses mini sauts, du rayonnage 2 à la salle de lecture D. Précisons que seuls 4000 chercheurs de par le monde ont accès au saint des saints, via une précieuse carte à puce.
Nouveau bond en avant dans les techniques de traçabilité: on découvrait, dans le même JT, que le transpondeur, cette puce électronique injectée à tous les chevaux depuis juillet 2008, peut sauver l’animal de l’abattoir si elle est ainsi «programmée» par le premier propriétaire. Le hic, c’est que deux fois plus de chevaux se retrouvent désormais à la SPA.
Et c’est alors que LA nouvelle de la soirée est tombée: Rudy Aernoudt, exclu fin août du Parti populaire, a fait exclure l’autre co-président PP, Mischaël Modrikamen, au cours d’une réunion dissidente. Un petit pas pour l’homme, mais un saut de puce pour le PP…

lundi 27 septembre 2010

Schaerbeek: ces morts, que l'on ne sait compter

Un peu avant minuit, elles étaient 13. Vers deux heures du matin, on n’en dénombrait plus aucune. Ensuite, on les estima à 2, à dix heures, bien après le lever du jour. Et ce fut 3 - enfin? - dans le courant de l’après-midi.

Elles? Ce sont des personnes. Des personnes avec un nom, un visage, une famille, toute une histoire qui s’est arrêtée net dans la nuit du 25 au 26 septembre dernier, lors de l’explosion d’un immeuble à Schaerbeek.

Comment le nombre de personnes décédées dans ce tragique événement a-t-il pu faire l’objet de telles spéculations, d’un aussi macabre jeu de devinettes, d’erreurs aussi grossières que choquantes ? Comment a-t-on pu faire peser, au fil des heures, de tels doutes sur les familles, sur les proches? «On», c’est personne. En tout cas pas seulement les journalistes. C’est tout un bouleversement du traitement de l’information qui interpelle.

Information qui a d’abord circulé sur un site de «sociabilisation», semble-t-il, avant d’être traitée et relayée dans un deuxième temps par les circuits plus traditionnels: dépêches d’agences, publications sur les sites internet de divers médias «professionnels», mais avec les mêmes erreurs. L’urgence, la loi de l’immédiateté imposée notamment par Internet, n’ont pas permis de vérifier l’information. De toute évidence.

Faut-il s’en faire une raison? Les nouvelles technologies ne laissent guère de temps à la vérification, encore moins au recoupage de sources ou à la contradiction. Mais ne pouvait-on pas, quelques heures durant, se contenter d’annoncer une «forte explosion, dont on ignore encore si elle a fait des victimes et combien»?

samedi 18 septembre 2010

Pour des fêtes de Wallonie multiculturelles


Et c'est à Bordeaux, au printemps dernier, que nous avons découvert que c'est possible. Comme quoi, tout est possible et devrait l'être en Belgique.

vendredi 17 septembre 2010

La faim dans le monde a progressé de 8%

Ces derniers jours, la plupart des médias ont titré sur une baisse de la famine dans le monde. Mais une baisse qui ne vaut que sur un an, et ne prête vraiment pas à se réjouir. Extrait de mes premières lignes dans le journal Démocratie auquel je vais désormais consacrer temps, énergie, et tout ce que je pourrai donner, j'espère:

Photo: Didier Seynave
À une semaine du Sommet de New York visant à accélérer la réalisation des objectifs de développement du millénaire (OMD), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a publié les chiffres 2010 de la faim dans le monde: près d’un milliard de personnes ont faim.
Certes, c’est la première fois depuis 15 ans que ce chiffre a baissé par rapport à l’année précédente (- 9,6%). Ce qui permet de retomber sous le seuil symbolique du milliard de personnes. Mais c’est une bien maigre consolation face à un résultat que la FAO juge « inadmissible », à juste titre.

Rappel :
En septembre 2000, les Etats membres de l’ONU avaient convenu d’atteindre huit objectifs en 2015 : les « Objectifs du millénaire », en première position desquels figure la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim. Il s’agissait de diminuer de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim ; de quelque 800 millions en 1990 à 400 millions en 2015. Avec 925 millions de personnes touchées en 2010 on est non seulement loin de l’objectif, mais on est surtout dans une inquiétante progression.

Conjoncturel
Et la baisse survenue cette année semble d’ailleurs purement conjoncturelle. La FAO l’explique par deux facteurs principaux: une reprise économique, particulièrement dans certains pays en voie de développement, suite à la crise des dernières années, et la baisse des prix alimentaires depuis 2008.
Or, la même FAO annonçait le 1er septembre dernier que les prix du blé sont repartis à la hausse, suite notamment à une canicule en Russie, entraînant dans leur sillage une hausse de 5% des prix mondiaux des aliments au mois d'août dernier. Deux ans après les émeutes de la faim, de nouveaux soulèvements ont fait au moins dix morts au Mozambique, au début du mois de septembre.
En outre, et au-delà de cette baisse conjoncturelle, rappelons que juste avant la crise de 2008, on déplorait 850 millions de personnes affamées, soit 8% de moins que cette année.