vendredi 17 février 2012

Bêtise, aveuglement ou… pire ?

Je m’étais récemment ému ici des vacheries que peuvent s’envoyer au visage responsables politiques et autres humoristes à la mode. Au risque de paraître obsessionnel, je dois avouer que je continue à m’interroger.

Il est vrai que la maison communale est fort accueillante... elle.
Par exemple, je ne comprends pas comment on a pu passer avec autant d’aisance du « politiquement correct » au « médiatiquement méchant ». En d’autres termes, comment se fait-il qu’on n’ose plus dire d’une personne qui ne voit pas qu’elle est aveugle, ce qui est un fait et n’ôte rien aux qualités de cette personne, mais qu’on se permet de dire d’un président de la République française qu’il est un « sale mec » ou d’un joueur de football qu’il n’a que trois neurones, ce qui reste encore à prouver ? Le doute m’étreint d’autant plus que depuis quelques jours je me demande dans quelle catégorie classer la députée-bourgmestre MR de Jurbise. Est-ce faire preuve d’aveuglement que de décréter que ses concitoyens n’ont pas besoin de logements sociaux? Ou est-ce de la bêtise pure de refuser des logements sociaux alors que les prix des locations flambent à cause de la proximité du Shape ? Et si ce n’était ni aveuglement ni débilité ? Et si Madame Galant avait simplement trouvé le moyen de se hisser au rang du président de la République française? Rejeter les pauvres de sa commune, n’est-ce pas un peu comme renvoyer les Roms dans les pays où ils sont opprimés ? En plus modeste, certes, en moins flamboyant. Mais le résultat est le même. Désigner un bouc émissaire reste le meilleur moyen de rassurer ses électeurs les plus égoïstes. Mais si Madame Galant n’est ni aveugle ni sotte; se pourrait-il qu’elle soit une... Non, vous ne me ferez pas dire ça.

samedi 4 février 2012

Et si Docteur House pouvait nous guérir?

C’est sûrement trop facile, mais une fois de plus je suis choqué par les médias – je sais, ce terme générique ne veut pas dire grand chose – et par l’incohérence à laquelle ils peuvent contribuer. Aujourd’hui, en dehors du froid et de la neige qui paralysent le pays, le «buzz» comme on dit, c’était ce téléspectateur qui a écrit à TF1 pour connaître l’adresse du docteur House afin de pouvoir le consulter. C’est dingue, en effet. Comment un pauvre garçon du fin fond de la France a-t-il pu prendre une fiction pour la réalité ? On s’étonne, on rigole, on se file l’info sur Facebook et l’on fait même tourner la copie du courrier du Monsieur à sa chaîne préférée. En personne n’a pris soin de masquer son nom et son adresse. Et ce Monsieur passera pour un con. Au village on ne manquera pas de le lui rappeler, avec toute la cruauté que cela implique. En attendant, personne ne se demande pourquoi ce téléspectateur, qui souffre sûrement dans sa chair depuis trop longtemps, en est arrivé à croire à un médecin de pacotille. Sans vouloir remette la médecine traditionnelle en cause, je ne peux m'empêcher de me demander si ce téléspectateur est très différent de toutes ces personnes bien pensantes qui se rabattent sur un guérisseur, un rebouteux, un diseur de bonnes recettes toutes faites après des mois ou des années de souffrances non calmées. Et pourquoi le blâmer lui qui espère soigner un mal, alors que personne ne s’interroge sur ces masses de jeunes qui rêvent, grâce à la même télévision, de devenir stars de la chanson ou du cinéma, au risque de se ridiculiser face caméras? Ces jeunes qui entendent au fond mettre un terme à leur vide intérieur... Où est la différence au fond ? La télé nous fait rêver, nous permet d’oublier nos maux, de nous évader. Elle ne s’en cache pas. Pourquoi ce Monsieur devrait-il être blâmé d’avoir cru, un instant, alors que tout était mis en place pour que cela advienne, que Docteur House pourrait soulager ses souffrances ? Heureux celui qui n’a jamais souffert. Plus heureux encore celui qui juge sans réfléchir. Je n'ai rien à dire sur ceux qui font souffrir par plaisir. Mieux vaut ne pas en parler.

jeudi 5 janvier 2012

Gouverner c'est divertir...

Sale mec ou sale con? Quelle question!
Ainsi donc François Hollande aurait traité Nicolas Sarkozy de « sale mec » lors d’un repas avec quelques journalistes au début de l’année... Scandale ! Certes, ces mots furent lâchés « off the record » comme on dit dans le jargon journalistique. Mais le respect des traditions se perd dans la profession... Le quotidien Le Parisien s’est fait un devoir de publier ces propos dans les plus brefs délais. Il faut dire que les petites phrases assassines font recette dans la presse française. Le président de la République sortant serait d’ailleurs mal avisé de houspiller le candidat socialiste à sa succession. N’a-t-il pas lui-même parlé de « cette folle de Dati » à propos de son ancienne garde des Sceaux, en décembre dernier ? Et le ministre de l’Industrie, Éric Besson, n’avait-il pas dit d’Éva Joly qu’elle sera « l’accident industriel de l’élection présidentielle », quelques jours plus tôt ? La candidate écologiste qui, elle-même, avait estimé qu’ « Anne Sinclair n’est pas un modèle pour les femmes ». Et la liste devrait s’allonger au cours des prochains mois de campagne pour les présidentielles. Tant la petite phrase qui tue a trouvé sa place de choix, pour ne pas dire ses lettres de noblesse, dans le paysage français. Les Stéphane Guillon, Audrey Pulvar et autre Nicolas Bedos le savent mieux que personne. Plus ils sont méchants à l’antenne, plus ils s’envoient des vannes au visage - pour rester poli - plus ils font recette. On appelle ça du divertissement... Et moi, je dis donc : « merci Mesdames et Messieurs les responsables politiques de si bien nous divertir ». Car il ne manquerait plus que vous nous assommiez avec des programmes politiques et des idées de fond pour gouverner la nation ! «On ne serait pas couché...», comme le dit si bien Laurent Ruquier.

mercredi 16 novembre 2011

Le service public, c'est pas bien folichon...

C’était en fin de journée, un samedi je crois. Mais ça aurait très bien pu se passer un mardi à l’heure du premier café. Je feuilletais mon journal lorsqu’à la rubrique «Médias-Télévision» mon regard fut attiré par un article au titre a priori accrocheur: «Diversifier à tout prix?». Chouette, me dis-je, une étude sur la diversité dans les médias, une analyse un peu critique des politiques visant à améliorer la représentation des femmes, des personnes de couleurs, handicapées, à orientation sexuelle minoritaire; voire des lesbiennes-handicapées-de-couleurs... on peut rêver! Et me voilà embarqué dans la lecture de cet article où il n’était en fait question ni de genres ni de couleurs, mais bien des stratégies de diversification des médias audiovisuels en matière de produits dérivés et... lucratifs. C’est ainsi que j’appris que les fans de l’«Amour est dans le pré» pourront bientôt acheter des bottes en caoutchouc, des tabliers, des tasses aux couleurs de l’émission, à l’aide d’une carte de crédit éditée par leur chaîne télé. On n’arrête pas le progrès. Plus loin, je lus que, tenue par ses missions de service public, la RTBF, quant à elle, ne peut pas diversifier à ce point son offre de produits. «Rien de bien folichon donc...» concluait la journaliste à propos de la télé publique! Alors, de deux choses l’une. Soit cette journaliste n’a jamais regardé d’émissions de service public, soit la RTBF s’est largement plantée dans ses missions d’éducation aux médias. Car si ce n’était le cas, l’auteure se serait demandé ne fut-ce qu’un instant si c’est vraiment très «folichon» de faire acheter aux téléspectateurs des articles dont ils n’ont sûrement pas besoin avec de l’argent qu’ils n’ont pas forcément... et de considérer de surcroît que c’est rendre service au public!

mardi 8 novembre 2011

Travail-famille, de nouveaux champs de réflexions

Après avoir voulu « articuler l’école et l’entreprise» (en 2001), Bernard Fusulier s’est penché sur «l’entreprise et l’articulation travail/famille ». En 2008, il publiait une étude réalisée auprès d’entreprises wallonnes qui tirait un bilan de la façon dont les organisations intègrent cette problématique. Avec « Articuler vie professionnelle et vie familiale », qui vient de sortir aux Presses universitaires de Louvain, le professeur de sociologie de l’UCL poursuit sur sa lancée, mais en abordant des terrains inexplorés. Beaucoup de choses ont été écrites sur les politiques publiques visant à aider chacune et chacun à gagner sa vie tout en prenant soin de sa famille. Des mesures comme le crédit temps, la pause carrière ou le développement de crèches et autres haltes-garderies permettent de dépasser le modèle traditionnel du « mâle qui va gagner le pain » et favorisent l’insertion des femmes dans l’emploi. Mais ces politiques ont leurs limites, quand elles n’entraînent pas des effets pervers comme la dévalorisation du travail domestique ou le renforcement des inégalités hommes/femmes. Bernard Fusulier et son équipe ont donc interrogé l’influence que peut avoir l’environnement professionnel sur cette APF, au départ de l’étude de trois professions : infirmier(ère)s, policiers, assistants sociaux. En bref, les infirmières ont le plus de difficultés à concilier travail et famille et se sentent peu soutenues. Elles recourent souvent au temps partiel. Le temps plein est la norme chez les policiers, mais des arrangements informels permettent de prendre en charge des questions privées au travail. Quant aux assistants sociaux, ils recourent aussi au temps partiel, mais avec plus de soutien interne. Cette analyse brouille davantage nos repères qu’elle ne donne de réponses nouvelles. Mais ce faisant, elle ouvre de nouveaux champs de réflexions, et des pistes, qui intègrent l’aspiration des personnes et donc la qualité de l’emploi et le dépassement du clivage hommes femmes.

Fusulier B. et. al., 2011, « Articuler vie professionnelle et vie familiale. Étude de trois groupes professionnels : les infirmières, les policiers et les assistants sociaux », PUL, Louvain-la-Neuve, 250 pp.

Les Roms, d'une misère à l'autre

Le lundi 19 septembre 2011, sur ordre de la bourgmestre de Schaerbeek, 47 Roms ont été évacués de la gare du Nord. Après un vain détour par Bruxelles-ville, ils ont trouvé refuge sur la place Gaucheret, toujours à Schaerbeek, à l’abri des voitures, mais pas des intempéries. Une semaine plus tard, ils étaient 72 femmes, hommes et surtout enfants en bas âge. La plupart de ces personnes sont originaires d’un pays de l’Union européenne. Présentes sur le territoire belge depuis moins de trois mois, elles étaient considérées comme des «touristes» et n’avaient droit ni à l’aide sociale, ni à l’accueil. Dans l’urgence, le CPAS leur a néanmoins délivré colis alimentaires et premiers soins. Le 5 octobre, le Foyer schaerbeekois a réussi à mettre un bâtiment en attente de rénovation à disposition. Pour raisons juridiques, la bourgmestre a dû délivrer un ordre de réquisition en attendant la conclusion d’une convention d’occupation précaire. Cette solution n’est donc que provisoire. Après les trois mois, ces Roms peuvent faire une demande d’asile à l’Office des Étrangers. Mais, vu la jurisprudence récente, il y a de fortes chances que le Commissariat aux Réfugiés rejettera leur demande au terme de la procédure. Ils se retrouveront à nouveau dans l’illégalité et sans ressources. Sans une politique spécifique pour les Roms, construite par tous les niveaux de pouvoirs, à commencer par l’Europe, ces familles, comme 12 familles slovaques et tchèques contraintes de squatter un immeuble désaffecté à Ixelles depuis le mois d’août, et comme tant d’autres familles à venir, continueront à fuir la misère pour une autre misère.

Photo Belga

lundi 3 octobre 2011

Beau temps, si lumineux en fin de journée...

www.lalibre.be
C'est une chance inestimable, et j'en mesure la valeur cinq jours sur sept à peu de choses près, de pouvoir se rendre au boulot à pied ou à vélo. Ce lundi, j'avais choisi la première option. Juste pour faire durer le plaisir du déplacement, malgré quelques lancinantes courbatures héritées d'un jogging dominical trop poussé. Il me plaisait de lire mon journal en évitant les pavés déchaussés et les chauffards déjantés, de reporter de quelques minutes encore une journée de travail dont j'appréhendais réunions et confrontation. Mais c'est le soir, au retour d'un jour pas si terrible que ça au fond, que j'ai pris toute la mesure de ces quelques pas entre lieu de travail et domicile. Je me suis rendu compte que la voie principale qui me reconduit chez moi est orientée plein ouest. Que vers les 18 heures, en ce troisième jour d'octobre, elle était inondée d'un soleil déjà fatigué, mais encore si chaud. C'est alors que je me suis souvenu des prévisions météo du matin: "profitez de cette journée, car l'automne s'installera dès mardi". Un frisson m'a parcouru. J'aurais voulu arrêter le temps. M'arrêter moi, au milieu de la rue, goûter jusqu'à extinction des feux cet été indien trop bref, et seul été de l'année... faut-il préciser? J'ai donc ralenti le pas, aiguisé mes sens, empli mon être de tout ce qui nous rend ce soleil si vital. Et c'est alors que mes yeux écarquillés ont aperçu ce jeune homme, si bien fait de sa personne, débardeur noir moulant, muscles saillants, sans excès, peau encore hâlée, et qui a souri. Dire que dès demain, il faudra attendre six mois, au moins, pour que le printemps réchauffe les coeurs et les corps... On fait comment pour arrêter ce fichu temps qui passe?

samedi 1 octobre 2011

Corne de l'Afrique: les multiples causes de la faim

La crise alimentaire, qui à ce stade n’est qualifiée de « famine » par l'ONU qu’en Somalie, menace pourtant de mort 12 millions de personnes dans cinq pays de la Corne de l’Afrique: la Somalie, le Kenya, l’Éthiopie, l’Ouganda et Djibouti. On s’accorde à considérer que des facteurs consécutifs au réchauffement climatique sont à l’origine de cette crise: les deux dernières saisons des pluies se sont caractérisées par des précipitations nettement inférieures à la normale et les nappes phréatiques n’ont pas été suffisamment réalimentées. Mais le climat n’explique pas tout, loin de là...
Photo Didier Seynave en Tanzanie
- Sur le plan international, la spéculation sur les produits alimentaires entraîne une double conséquence grave. D’une part, la production agricole des pays africains est de plus en plus orientée vers l’exportation. D’autre part, les denrées alimentaires toujours plus massivement importées pour la consommation locale sont de plus en plus chères... la spirale infernale.

- Sur le plan régional, les leçons n’ont pas été tirées de la crise alimentaire de 2008. Les pays de l’Union africaine s’étaient certes engagés à augmenter la part de leur budget consacré à l’agriculture (pour atteindre 10%) et à encourager une culture vivrière pour diminuer la dépendance aux produits d’importation. Force est de constater que peu de pays ont respecté leurs engagements.
- Plus localement, la Somalie, désormais contrôlée par des milices islamistes proches d’Al-Qaïda, est en proie à de violents combats depuis les années ‘90. L’insécurité affecte la circulation des marchandises comme l’acheminement de l’aide humanitaire, souvent détournée. Elle pousse aussi sur les routes des milliers de personnes menacées par la faim et par les exactions. On estime à près de 1,4 million de Somaliens déplacés à l’intérieur du pays et 680.000 autres qui ont cherché refuge dans les pays voisins. A titre d’exemple, le camp de Dadaab, au Kenya, accueille désormais plus de 400.000 réfugiés. Il n’était prévu que pour en recevoir 90.000!
À causes multiples, responsabilités multiples? Certes. Mais la communauté internationale en porte une lourde part. Elle pourrait intervenir à bien des niveaux, sans même parler de lutte contre le réchauffement climatique. En matière d’aide urgente, bien entendu. Par une régulation de la spéculation sur les denrées alimentaires, aussi. Et dans la résolution du conflit somalien. Mais, contrairement à d’autres, cette région du continent africain est dépourvue de pétrole ou d’autres richesses naturelles qui (seules?) pourraient motiver un réel sursaut... humanitaire.

lundi 29 août 2011

Le domaine du Bois des Moutiers à vendre



Le propriétaire l'avait laissé entendre, lors de ma visite du site en avril dernier, il était incertain de l'avenir de la propriété. Des raisons tant familiales que financières et réglementaires l'obligeaient à envisager de se séparer de la propriété de Varengeville-sur-Mer; de la superbe villa Art-and-Crafts et des splendides jardins coulant vers la mer. Ma surprise n'est donc que partielle de découvrir que le prermier juillet dernier le journal Le Monde annonçait la vente du site. Il est sans doute dommage qu'une famille doive se défaire d'un tel héritage, mais c'est surtout le doute sur l'avenir du lieu qui inquiète. Restera-t-il ouvert au public comme ce fut le cas ces quarante dernières années? Et, surtout, sera-t-il préservé et entretenu comme il le fut pendant plus d'un siècle? Il est certes protégé, ce qui empêchera peut-être le Conservatoire du littoral de s'en porter acquéreur. Mais cette protection légale suffira-t-elle? Je ne peux m'empêcher de rester songeur et de mesurer la chance que j'ai eue de cette visite et l'échange aussi instructif qu'agréable qui s'en est suivi avec Antoine Bouchayer-Mallet qui rêvait, alors, d'une fondation internationale qui aurait transformé le lieu en sorte de Villa Medicis en Normandie...

vendredi 26 août 2011

Un été tout pourri

Je n’en suis pas très fier. Mais je dois l’avouer : cet été, après des vacances entre les gouttes de pluie tiède et les verres de rosé frais, je n’avais aucune envie de rentrer au pays. Mais alors, aucune envie du tout!

Déjà, je m’étais fait le plaisir de ne pas ouvrir un seul journal pendant mon périple, de n’allumer ni la radio ni la télé lorsqu’un hôtel avait le mauvais goût d’offrir ce service. Et, autre première, ce fut cette fois à contrecoeur que j’acceptais d’expliquer à nos voisins français les soubresauts de la crise politique belge. Pourtant, ils étaient plus friands que jamais de nos péripéties surréalistes. Et je fus même surpris du niveau de leurs connaissances en la matière.
Mais plus nos voisins s’intéressaient à nous, plus je me désintéressais de BHV, NVA, bla-bla-bla. Si bien qu’au moment de passer la frontière du retour, je fus pris comme d’une angoisse. Quelle nouvelle catastrophe nous attendait au royaume Belgique ? Bart et Elio en étaient-ils enfin venus, aux mains ? Standard & Poor’s avait-elle finalement baissé la note de notre dette si peu souveraine? Et notre bon roi... avait-il dû revenir dare-dare de Châteauneuf de Grasse? Pourrions-nous encore parler français à Bruxelles? Et déclarer nos impôts en ligne?
Bref, je m’attendais au pire... et je fus déçu. Le formateur royal avait donné congé à la classe politique. Sandard & Poor’s s’acharnait sur la dette américaine, et, pétrifiés par le marasme économique, les investisseurs attendaient bras croisés la fin d’un orage boursier qu’ils avaient eux-mêmes déclenché. Il n’y eut guère qu’en Grande-Bretagne que quelques jeunes faisaient un peu de grabuge. Mais ils ne sont pas comme nous ces Anglais. Eux, ils ont un gouvernement de plein exercice et, au vu de sa riposte, ça ne fait pas envie...

mardi 2 août 2011

Liberté, égalité, travail!

C’était l’été passé, en France. J’étais en voiture avec un ami soucieux de préservation de l’environnement et de développement durable, malgré un faible pour les monovolumes. Nous devisions au fil d’une de ces nationales qui se traînent entre deux villages et trois radars de police, lorsque le ton monta. Mon ami s’indigna contre ces détritus qui jonchent les bas-côtés de la route et que personne ne songe à ramasser. Pourquoi, s’énervait-il, ne paie-t-on pas des chômeurs pour entretenir les routes? La question aurait pu sembler pleine de bon sens populaire, mais elle me mit mal à l’aise. Je fouillai mon esprit anesthésié par la route en quête de quelque contre argument percutant.
Las... j’eus beau parler de concurrence déloyale aux cantonniers, évoquer le peu de perspectives que cela offrirait aux sans-emploi, rappeler les dérives du travail obligatoire, je prêchais dans le vide. D’autant plus que mon ami était lui-même sans emploi et ne voyait rien de dégradant à soigner la verte nature...
Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée au bord de cette route de France. Car le contre-argument percutant, c’est cet été que je l’ai trouvé, dans un autre pays d’Europe. En Hongrie, précisément, où le Parlement a voté une loi qui réduit les allocations de chômage et qui oblige les chômeurs à effectuer des travaux d’intérêt général. S’ils refusent? Ils perdront leurs maigres allocations (280 euros maximum). Et si le lieu de travail se situe trop loin de leur domicile? Ils seront logés, notamment dans des villes conteneurs surveillées par des policiers à la retraite. Ces mesures visent d’abord les Roms, particulièrement frappés par le chômage. Mais l’histoire ne dit pas, encore, si on leur précisera à l’entrée de ces camps que «le travail rend libre».

jeudi 23 juin 2011

Jugement dernier

Y'a des jours, comme ça, où on n'a plus envie de rien. On ne sait pas trop pourquoi, et on se demande même comment on a fait pour que ça n'advienne pas plus tôt. On se dit qu'on a trop de boulot pour un salaire pas excessif, et qu'on explore des domaines peu réjouissants: le logement en crise, la gouvernance plus capitaliste qu'économique de l'Europe, la pauvreté qui grandit, la solidarité qui flétrit, l'homme qui n'a jamais été aussi bestial que depuis qu'il a inventé les dividendes, les fonds de pensions, les multinationales, les actifs toxiques, les banquiers rapaces et les économistes bornés.
Et Dieu dans tout ça? Et la guerre? L'une existe toujours, l'autre se cherche encore. Mais l'une et l'autre ressemblent de plus en plus à de simples outils au service d'un seul et sordide idéal: l'argent ou le pouvoir, le pouvoir de l'argent.
Et moi dans tout ça? Je n'ai qu'une certitude: je n'emporterai rien. Alors, j'essaie de me dépouiller, de faire en sorte qu'au dernier souffle il ne me reste qu'un lit, des souvenirs si possible heureux, un minimum de regrets et la chaleur d'une main qui tient la mienne. C'est loin d'être acquis. Tout à coup, ça me semble même tellement plus difficile que d'accumuler capital et dividendes, piscine et 4x4.
Tiens donc... est-ce que notre vieille copine la faucheuse ne se planquerait pas derrière tout ça? Que cette salope nous fasse peur à en crever, j'en suis le premier témoin, avec des milliards d'autres avant moi. Mais que cette peur nous motive à exploiter, polluer, dominer, accumuler, dicter, éliminer, génocider, massacrer, j'ai de plus en plus de mal à le concevoir, même si je crois de moins en moins au jugement dernier. Au fond, pas grand-chose de neuf ici bas. C'est peut-être ça qui me déprime le plus...

vendredi 17 juin 2011

Des loup et des moutons

Ce matin-là, après avoir appris la possible libération conditionnelle de l’ex-compagne de Marc Dutroux, j’étais décidé à virer des mes «amis» Facebook tout qui irait grossir la liste des 78.000 fans d’un groupe «Contre la libération de Michelle Martin». Non pas que je me réjouissais de la décision de justice ou que j’étais indifférent au choc que devaient éprouver les victimes et leurs proches. J’appréhendais juste les cris d’orfraie si dangereux pour la démocratie. J’espérais quelque propos mesuré sur le fait que priver de tout espoir le criminel, même le plus odieux, est toujours une mauvaise solution.
Laurent Wauqiez en indélicatesse avec les chiffres...
J’en étais là, à espérer encore, lorsque je découvris les propos télévisés d’un homme d’État, et pas le moindre. Après l’élimination d’Oussama Ben Laden, l’ancien vice-président américain, Dick Cheney, plaidait pour: «un retour aux techniques d’interrogatoires musclées instaurées par l’administration Bush». Bref, la torture pour lutter plus efficacement contre le terrorisme. Je m’arrête là, ou je continue? Parce qu’un peu plus tard dans la même sinistre journée, j’ai aussi découvert les propos du ministre français des Affaires européennes. En pleine crise économique, Laurent Wauqiez a cru bon de dénoncer les «dérives de l’assistanat». Pour lui, un couple bénéficiant du RSA (à peine 800 euros) gagne plus qu’un autre couple dans lequel il y a une personne qui travaille au salaire minimum (1.365 euros). Cette «injustice» ferait, selon lui, le lit du FN. Et on se demandera qui, en France, court derrière le FN. Mais je me demande surtout comment, avec une telle classe politique, espérer qu’un jour les moutons cessent de hurler avec les loups...

lundi 13 juin 2011

L'antipolitique, les mots piégés de la politique

Le sociologue Richard Lorent avait déjà consacré plusieurs ouvrages à une forme spécifique de protestation politique: le vote pour des partis d’extrême droite. Dans «Le suffrage détourné» par exemple, il développait l’idée que ces choix sont souvent l’expression de personnes qui n’ont pas pu trouver dans le paysage politique traditionnel le moyen de manifester leur ressentiment. Ressentiment généralement nourri par la dégradation des moyens d’existence, précise-t-il très justement. 
Dans son dernier ouvrage, «L’antipolitique, les mots piégés de la politique», l’auteur franchit un pas supplémentaire dans son analyse des difficiles rapports entre les citoyens et la (le) politique. Se plaçant cette fois davantage du côté de l’élu que de l’électeur, Richard Lorent démontre mot après mot, subtilement agencé d’ailleurs, comment les politiques parviennent à disqualifier la critique émanant de l’électeur déboussolé par une crise communautaire qui enlise le pays ou le ressentiment du citoyen lassé de payer une crise économique provoquée par des marchés déjà requinqués. Qu’ils traitent de «populiste» un vote désespérément contestataire, de «poujadiste» une interpellation légitimement citoyenne ou d’apolitique un bulletin ostensible blanc, ces responsables politiques ne qualifient jamais innocemment, mais toujours approximativement. Et c’est justement cette approximation tendancieuse, cette déformation du sens initial qui leur permet de balayer la critique, d’ignorer la plainte sociale et de maintenir, surtout, le système de domination en place. Un système qui «se place sans pilote repérable au service de deux objectifs complémentaires devenus automatiques: enrichir une minorité et, dans ce qui demeure, broyer la part nécessaire pour garantir le maintien du système» ajoute l’auteur. «L’antipolitisme...» un ouvrage à recommander donc, d’abord et avant tout aux nombreux décideurs qui déplorent si prestement la défiance croissante de la population envers la classe politique.

Lorent, R., «L’antipolitisme, les mots piégés de la politique», Couleurs Livres, Charleroi, 110p., 14 euros, www.couleurlivres.be.

mardi 3 mai 2011

Progrès social

Je dois l'avouer, il m'est déjà arrivé de «faire des ménages». Non pas que j'excelle dans l'usage de la serpillère et du plumeau, mais parce qu'écrire de temps en temps un article «sur le côté», ça arrondit les fins de mois.
Oh, je savais bien ne pas être le seul à connaître des 30 du mois qui perdurent parfois pas loin de dix jours. Mais je dois avouer que je suis tombé des nues en lisant que 200.000 Belges sont obligés d'exercer carrément deux emplois pour s'en sortir financièrement. Et que leur nombre augmente quasi exponentiellement d'année en année. Ils étaient 25.000 de plus l'an dernier pour 8.000 (seulement) l'année précédente. Mais où donc s'arrêtera le progrès social? Les trente glorieuses avaient bien laissé espérer au plus grand nombre profiter de la prospérité, mais avec la crise, il a ensuite fallu se résoudre à travailler à deux par ménage pour joindre les bouts. Puis, à force de voir les salaires tirés vers le bas, soi-disant à cause de la concurrence des pays émergents, ces mêmes ménages ont dû s'endetter à l'excès pour pouvoir continuer à consommer et se loger. Et maintenant que la crise des subprimes et de la financiarisation à outrance est passée par là, les travailleurs doivent donc se résoudre à exercer deux emplois! Une question fait froid dans le dos pour la suite: quand réinstaurera-t-on le travail des enfants pour permettre aux petites familles de vivre dignement? Peut-être Pierre Mariani, le «patron» de Dexia connaît-il la réponse, lui qui doit au moins exercer 15.000 emplois à temps plein en plus de son job initial pour justifier les 600.000 euros de bonus qu'il a touchés en 2010... Une chose est sûre, avec un tel homme-orchestre, Dexia peut continuer à supprimer des emplois par centaines!

mardi 19 avril 2011

Fausse note


"La Belgique manque de rêveurs"
Voilà deux chanteurs que rien ne prédisposait à partager la Une d'un quotidien vespéral. Sinon les hasards du calendrier de cette fin de mois de mars. Justin Bieber se produisait au Sportpaleis d'Anvers, entouré de ses gardes du corps. Milow sortait son nouvel album subtilement intitulé "North and South".
La comparaison pourrait s'arrêter là, sinon que tous deux chantent en anglais et que l'un n'a vraiment pas grand-chose à dire en dehors de «faites passer Dieu avant tout» alors que l'autre ne manque pas de messages à partager. Comme cette franche considération: «l'identité flamande n'existe pas, au contraire de l'identité belge». C'est vrai qu'il aime son pays, Jonathan Vandenbroeck (de son vrai nom), au point de regretter qu'il «manque de rêveurs» et que les Flamands ont trop tendance à regarder le côté négatif des choses. Un Flamand qui critique ses concitoyens, même en anglais dans le texte de ses chansons, ça passe plutôt mal au nord du Pays. Et quand il se met en plus à estimer, dans une interview à un quotidien néerlandophone, que Bart De Wever «n'a encore rien réalisé», ça déclenche la polémique. Tout l'état major de la NVA crie au scandale et au coup de pub d'un chanteur en mal de ventes. On appréciera la capacité des nationalistes flamands à faire bloc. Mais réagir comme un seul homme contre un homme seul qui ose exprimer une opinion propre, c'est tout de suite moins appréciable. C'est même franchement inquiétant. L'histoire donne cependant raison à la NVA sur un point: désormais, les francophones ont largement découvert Milow. Et peut-être même apprécié. Mais que le jeune Justin Bieber se rassure, vu que la chanson à texte n'a plus la cote, il peut continuer à n'avoir rien à dire à ses innombrables fans.

dimanche 17 avril 2011

Retour du Havre, avant la marée

Bruxelles est bien belle après une semaine de balade à vélo. Mais les images restent gravées, les souvenirs brûlants, la venue de Diego et de Thomas touchante. On ne tourne pas aussi sec la page d'une semaine comme celle-là. Il ne faut pas toujours partir à l'autre bout du monde... Je la refermerai, provisoirement, avec ce joli coucher de soleil...

samedi 16 avril 2011

Normandie 3: Le Havre d'après guerre

Le "Volcan" de Niemeyer
Me voici au Havre. Fin de mon périple à vélo. Demain soir, je serai rejoint par Thomas et Diego pour un dimanche qu'on nous annonce ensoleillé, enfin. J'avais hésité à faire cette escale au Havre, une ville portuaire, industrielle et détruite par les alliés à la fin de la dernière guerre. J'avais largement tort...
L'égilse Saint-Pierre
La ville a été reconstruite en quelques années seulement sur les plans d'Auguste Perrot, l'architecte du théâtre des Champs-Élysées à Paris et de la tour du même nom à à Amiens, d'où j'ai démarré ma randonnée - curieux hasard - avec un talent dingue. Depuis, les architectes s'y bousculent, dirait-on, de Niemeyer avec son contesté volcan à Jean Nouvel avec sa trop discrète piscine, pour prolonger ou contredire le projet initial. Le résultat est impressionnant, à la fois grandiose, mais pas démesuré, déroutant mais agréable à vivre, austère sans être froid.
Bref, je sens que je vais adorer cette ville, sans compter que je me réserve une visite au musée Malraux qui renferme une des plus belles collections d'impressionnistes. Que du bonheur... Et de la vie, dans les restos, les bars, le long des anciens quais aménagés et de la plage d'où le coucher de soleil était admirable ce soir.

mercredi 13 avril 2011

Normandie anglaise







Même si ca monte et ca descend. Même si je n'avance pas très vite sur mon cher vélo. Même si j'ai mal au cul, pour être franc, il fait froid, mais c'est beau, les gens sont plutôt sympas les paysages jolis et mon vélo fidèle. Cet après midi, j'ai eu le toute grande chance de visiter le jardin du Bois des Moutiers a Varengeville sur Mer, et surtout la villa Art and Crafts qui le domine. Une emotion forte, un choc. Une déception aussi: les descendants du fondateur, Guillaume Mallet, vont vendre. Envie de se mobiliser pour garder ce patrimoine public et vivant. Mais c'est une autre histoire. Ce soir fatigué, je doute sur ma destination de demain. La côte ou la vallée de la Seine? Et pour aboutir où? On verra demain...

mardi 12 avril 2011

Normandie 2





Premières images... Bon, on repassera pour la qualité. Demain, peut-être?