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mardi 23 octobre 2012

Voir Venise et... courir

Plus les jours passent et plus je me demande ce qui m'a pris de m'inscrire à ce fichu marathon de Venise, le 28 octobre prochain. Mes genoux aux cartilages qui se désagrègent ne me permettent pourtant plus ce genre d'aventure. Et je ne me suis pas entraîné sérieusement, emporté par les vagues plus ou moins festives de la vie et de ses désappointements. J'ai recommencé à piquer des cigarettes aux copains, j'ai enchaîné les matins de gueule de bois, et les nuits à guetter le sommeil. Mes coéquipiers m'ont répété que je ne suis pas assez sérieux. Une collègue a rêvé de moi paralysé pour plusieurs mois. Une amie m'a précisé que Venise est réputé le marathon le plus difficile. Une autre, pourtant férue de jogging, m'a traité de fou. Mon ancien chef, bête de compétition, vient de se faire opérer du genou. Mon osthéo a fait la grimace. Mon médecin m'a envoyé chez le cardiologue. Ma mère a fui en vacances à l'étranger. Et mon patron me fait des misères, mais ça, c'est une autre histoire. Plus la date fatidique approche, donc, plus l'angoisse monte. Et si mes genoux cèdent, et si mon coeur lâche, et si mes jambes se coupent, et si mon rêve se brise à quelques foulées de la ville romantique? Et si je devenais raisonnable, et si je n'avais plus de rêves, et si je renonçais à voir Venise et mourir? Alors, sans doute, je serais déjà mort.

vendredi 26 août 2011

Un été tout pourri

Je n’en suis pas très fier. Mais je dois l’avouer : cet été, après des vacances entre les gouttes de pluie tiède et les verres de rosé frais, je n’avais aucune envie de rentrer au pays. Mais alors, aucune envie du tout!

Déjà, je m’étais fait le plaisir de ne pas ouvrir un seul journal pendant mon périple, de n’allumer ni la radio ni la télé lorsqu’un hôtel avait le mauvais goût d’offrir ce service. Et, autre première, ce fut cette fois à contrecoeur que j’acceptais d’expliquer à nos voisins français les soubresauts de la crise politique belge. Pourtant, ils étaient plus friands que jamais de nos péripéties surréalistes. Et je fus même surpris du niveau de leurs connaissances en la matière.
Mais plus nos voisins s’intéressaient à nous, plus je me désintéressais de BHV, NVA, bla-bla-bla. Si bien qu’au moment de passer la frontière du retour, je fus pris comme d’une angoisse. Quelle nouvelle catastrophe nous attendait au royaume Belgique ? Bart et Elio en étaient-ils enfin venus, aux mains ? Standard & Poor’s avait-elle finalement baissé la note de notre dette si peu souveraine? Et notre bon roi... avait-il dû revenir dare-dare de Châteauneuf de Grasse? Pourrions-nous encore parler français à Bruxelles? Et déclarer nos impôts en ligne?
Bref, je m’attendais au pire... et je fus déçu. Le formateur royal avait donné congé à la classe politique. Sandard & Poor’s s’acharnait sur la dette américaine, et, pétrifiés par le marasme économique, les investisseurs attendaient bras croisés la fin d’un orage boursier qu’ils avaient eux-mêmes déclenché. Il n’y eut guère qu’en Grande-Bretagne que quelques jeunes faisaient un peu de grabuge. Mais ils ne sont pas comme nous ces Anglais. Eux, ils ont un gouvernement de plein exercice et, au vu de sa riposte, ça ne fait pas envie...