Voilà qui me ramène bien loin dans la mémoire de mes années passées, à une époque où je découvrais l'amour, encore interdit, et où tout donc me semblait possible. Pourquoi ce film, Mascara de Patrick Conrad, si vite tombé dans l'oubli, m'a-t-il tant marqué? Parce que j'étais amoureux de l'un de ses figurants, sans soute. Un amour trop éphémère. Et qui me donnait déjà la mesure de l'impossible amour. Tant d'années plus tard, je voudrais encore que l'on m'aide à traverser la nuit. Une nuit plus sombre désormais, que les lendemains se font plus urgents. Mais j'ai aussi aimé, je m'en souviens, le mélange des genres, des langues et des cultures. Le néerlandais m'a semblé si beau tout à coup. L'allemand plus proche que jamais. Peut-être étais-je réconcilié enfin avec ma belgitude, même si, au fond, c'est l'anglais qui domine dans cette chanson. Mais comme tout cela s’accommode ici, forme finalement une harmonie, qui laisse à rêver que dans la différence la rencontre est enfin possible. C'était mon rêve de jeunesse: croire que ma différence avait quelque chose d'universel. Croire que défendre les droits d'une minorité, c'était défendre ceux de toutes les minorités. J'ai milité pour cela, et déchanté depuis. Le droit à la différence a fait long feu, l'indifférence a gagné. Et le mariage pour tous est devenu celui de quelques privilégiés, si souvent aveuglés par leur éphémère insouciance. Ailleurs, les homos sont persécuté plus que jamais. Ici, les étrangers sont refoulés comme jamais. Partout, les égoïsmes dominent. Oh, help me make it through the night...
Affichage des articles dont le libellé est Belgique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Belgique. Afficher tous les articles
samedi 21 décembre 2013
jeudi 7 mars 2013
Carterpillar: quelle sauce serons-nous mangés ?
A quelle sauce serons-nous mangés ? Voilà une question qui doit brûler bien des lèvres en ce début d’année morose et incertain. Les 1.400 ouvriers et employés de Caterpillar Gosselies, comme les 1.300 travailleurs d’ArcelorMittal Liège, et les 8.000 autres de Ford Genk et ses sous-traitants connaissent la réponse : ce sera chômage ! Et dégressif, de surcroît, grâce au gouvernement fédéral qui continue de penser qu’il n’y a qu’à chercher du travail pour en trouver... Pour tous ces nouveaux demandeurs d’emploi, la question est davantage de savoir ce qu’ils vont manger et servir à leur famille. Ce sera vaches maigres... Et pour longtemps. Oubliés les petits restos du vendredi et les lasagnes toutes préparées en semaine. Au moins, ils pourront se consoler; si la crise économique les frappe au cœur, la crise alimentaire ne les atteindra pas. Quoique... Chaque semaine nous apporte son lot de révélations dans l’affaire de la fraude à la viande de cheval. À tel point qu’on a vite fait d’oublier que du porc, aussi, s’est glissé dans des hamburgers 100 % pur bœuf servis notamment à des prisonniers musulmans. On n’en est plus à se préoccuper des minorités. C’est toute la chaîne alimentaire qui vacille, comme voici dix ans lors de la crise de la vache folle. Et l’Europe n’est plus la seule touchée. Ikea a décidé de retirer ses boulettes de ses magasins de Malaisie, de Thaïlande et à Hong Kong. Et, comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’on apprend par le journal « Le Monde » que de la viande de girafe aurait été décelée dans des bâtonnets d’antilope en Afrique du Sud... La crise est planétaire, ma bonne dame ! Non seulement on ne sait plus ce qu’on mange, mais on ne sait toujours pas à quelle sauce on sera mangés. Et on voudrait nous faire croire qu’il n’y a que les vaches pour être folles dans ce monde du tout au profit...
mercredi 14 novembre 2012
Ce si délicieux humour du gouvernement papillon
Novembre, le froid tombe, la grisaille s’installe, l’heure d’hiver nous plonge dans l’obscurité. Novembre, le mois de la déprime, est le moment idéal pour nous rappeler que les temps sont durs. Avec 4 milliards d’euros à trouver pour atteindre les objectifs européens de stabilité en 2013, le gouvernement fédéral en sait quelque chose. Pourtant, l’équipe d’Elio Di Rupo ne se laisse pas emporter par la morosité ambiante. On pourrait même dire que le gouvernement « papillon » fait preuve d’une bonne dose d’humour ces dernières semaines. Tenez, il a choisi la date du premier novembre, jour de Toussaint, veille de fête des morts, pour mettre en œuvre la dégressivité des allocations de chômage. Joli clin d’œil à ces milliers de demandeurs d’emploi qu’il espère encourager de la sorte à rechercher activement un travail alors même que le pays vient d’enregistrer un record de faillites. Depuis le début de l’année, 9.156 entreprises ont fermé leurs portes, ce qui a entraîné la suppression de près de 19.000 postes de travail. Tout aussi amusant, pour renflouer les caisses de l’État, l’équipe Di Rupo envisage une hausse de la TVA à 22 % ce qui, selon le secteur de la distribution, pourrait entraîner la perte de 4.500 emplois dans ce seul secteur, soit autant que le nombre de travailleurs de Ford Genk. Et on n’a pas fini de rire, puisque le gouvernement songe aussi à un saut d’index qui d’après la FGTB représenterait, sur une carrière complète et pour un salaire moyen, une perte sèche de 25.000 euros ! Comme quoi humour et bon goût ne vont pas toujours de pair. N’eût-il pas été de bon goût, par exemple, d’envisager une révision des intérêts notionnels, ou une taxation des plus-values en capital ? Même au fédéral, on ne peut pas rire de tout...
mardi 18 septembre 2012
Bienvenue riche con
Bernard Arnault, la plus grosse fortune de France, le patron du luxe et de l'inutile, l'homme qui murmurait à l'oreille du président Sarkozy, Bernard Arnault donc veut devenir belge... tout en restant français. La nouvelle a fait l'effet d'une bombe, début septembre, en France, où Libé a osé titrer "Casse toi riche con!", comme en Belgique, où l'édito de La Libre affichait fièrement "Bienvenu, M. Arnault". On a beaucoup
commenté la Une de Libé, l’estimant tantôt excessive, tantôt vulgaire ou
partisane. On s’offusqua moins des éditos successifs de La Libre Belgique, pourtant
autrement indécents. A l'heure où le débat sur les naturalisations se crispe sous la pression d'une droite qui veut même empêcher les familles de se regrouper par delà les frontières, il est choquant de se réjouir qu'un homme cumule les nationalités dans le seul but d'accumuler les milliards. Pour M. Arnault la Belgique n'est qu'un moyen, alors que pour des milliers de migrants elle est l'aboutissement d'une longue et douloureuse quête d'une vie digne. Sa demande de naturalisation est presque insultante. Loin de moi l'idée d'opposer le "mauvais riche" au "bon pauvre". Mais comparer, comme le fit la même Libre Belgique, ce milliardaire qui a largement usé des subventions publiques et des fermetures d'usines pour construire son empire à des "des entrepreneurs - des hommes et des femmes qui prennent des risques et créent de l’emploi dans notre pays" est d'une malhonnêteté intellectuelle inquiétante. La même malhonnêteté qui anime celles et ceux qui depuis des décennies dénoncent la rage taxatoire qui frapperait les entrepreneurs belges. De ce point de vue, merci M. Arnault. Votre démarche démontre au contraire que la Belgique est un paradis fiscal pour grosses fortunes. Peut-être ferez-vous avancer le débat malgré vous... Si c'est le cas, "Bienvenue riche con"!
lundi 9 juillet 2012
Et si on mettait la voiture en vacances?
D’accord, tout le monde n’a pas la chance d’être en vacances pendant deux mois d’affilée en été. Mais bon! Pour des milliers de navetteurs, l’été, même sur la route du travail, c’est quand même un peu les vacances... Pensez donc ! D’après Bruxelles-Mobilité, le trafic automobile diminue de 20 % pendant juillet et août. Ça fait un cinquième de voitures en moins sur les grands axes vers la capitale. On comprend, à ce taux-là, que l’Agence flamande des routes, la Sofico wallonne ou Bruxelles-Mobilité choisissent l’été pour programmer les chantiers importants de rénovation de notre admirable réseau routier. Cet été ? La réfection du viaduc de Beez, du viaduc de Lavoir et de celui de Boirs sont en tête d’une trentaine de chantiers wallons qui ont débuté en juin déjà. Le viaduc de Vilvoorde en rénovation du 20 juin au 7 septembre sera le clou des travaux flamands, qui affecteront aussi Anvers et la E19. Et à Bruxelles, c’est florilège. Il y a la fermeture des tunnels Loi et Cinquantenaire, sans parler de la rénovation du tunnel du boulevard de la Woluwe, celle du viaduc Reyers, en ce compris le tunnel du même nom. J’en passe. Et puis, tous les dimanches d’été, la ville de Bruxelles a décidé que le boulevard Anspach sera temporairement fermé entre De Brouckère et Fontainas pour permettre des pique-niques urbains. Sans compter que désormais les cyclistes pourront brûler certains feux... Bref, cette année, l’été sur les routes belges risque de ressembler à tout, sauf à des vacances. Heureusement, selon l’Institut Belge pour la Sécurité Routière tout devrait rentrer dans l’ordre pour le dimanche 16 septembre: journée sans voiture. D’ici là, en voiture, en bus, en train, à vélo ou à pied, je vous souhaite quand même d’excellentes vacances ! Pour ce qui me concerne, ce sera vélo, comme tout au long de l'année, puis marche à pied...mercredi 6 juin 2012
Ah bon! On peut choisir son orientation sexuelle ?
Qu’on l’apprécie ou pas, il faut admettre que Joëlle Milquet ne manque pas d’aplomb. Je me le disais au lendemain de la Belgian Pride qui avait rassemblé près de 70.000 personnes dans les rues de Bruxelles le 12 mai dernier. La ministre de l’Intérieur était invitée aux débats télé du dimanche pour parler d’homophobie après la mort violente d’Ihsane Jarfi.
Face à elle : un prêtre et un imam aux positions légèrement schizophréniques et cinq homos déterminés à faire entendre la voix de leur communauté meurtrie par ce drame. Force fut de constater que l’ancienne présidente du cdH n’a reculé devant aucune contradiction. Elle s’est réjouie du droit pour les couples du même sexe de se marier et d’adopter des enfants en omettant de rappeler que son parti s’était farouchement opposé à ces deux législations. Elle a expliqué que, n’étant plus présidente, elle ne savait pas si le cdH avait ou non soutenu la Pride de la veille. Ben tiens! Tout au long de l’émission, elle n’a eu de cesse de ramener les violences homophobes à toutes les violences nourries par le rejet de l’autre : des femmes, des étrangers, des personnes handicapées... Mais si la violence est la même pour tous, pourquoi Joëlle Milquet s’évertue-t-elle à faire des homos une catégorie à part en parlant de «choix» d’orientation sexuelle? Si on ne choisit ni son sexe, ni son lieu de naissance, ni son état de santé, on ne choisit pas non plus son orientation sexuelle... À force de ne vouloir déplaire à personne, Mme Milquet aura juste noyé le poisson. Au moins aura-t-elle assuré une présence féminine sur ce plateau de télévision désespérément masculin. Comme quoi, chez les homos comme chez les hétéros, l’égalité des chances et la mixité ne sont pas innées.
mardi 22 mai 2012
De vrais romans (pour apprendre) à lire
Voici trois romans, «Sans dire un mot» de Xavier Deutcsh, «L’attente» d’Amandine Fairon et «Les cerises de Salomon» de Claude Raucy, qui racontent des histoires fort différentes les unes des autres, mais qui ont pourtant bien des points en commun. Ils sont les oeuvres d’auteurs belges, lancent la nouvelle collection «La Traversée» des Éditions Weyrich et sont porteurs de bien des espoirs. Non pas qu’ils véhiculent des messages plus forts, universels et bouleversants que d’autres, mais parce qu’ils s’adressent à un public généralement délaissé par la littérature: les adultes en apprentissage de lecture et d’écriture.
Sollicités par «Lire et Ecrire Luxembourg» et les Éditions Weyrich, les trois auteurs précités ont confronté leur talent aux attentes, aux questions et aussi aux limites exprimées par un comité de lecture composé d’anciens analphabètes. Ils ont, surtout, accepté de tenir compte des remarques formulées; ils ont raccourci leurs phrases, simplifié leur vocabulaire, renoncé à certaines figures de style. Bref, ils ont fait oeuvre de grande modestie et de profond respect. Leurs trois romans ont été présentés à la Foire du Livre de Bruxelles début mars dernier, sans étiquette particulière. Car ces ouvrages ne sont pas réservés aux apprenants. Simplement, ils permettent à ces derniers de parfaire leur apprentissage de la lecture ailleurs que dans les livres pour enfants. Ce sont aussi de vrais romans, traitant de sujets intéressants, mais avec des mots plus simples, des phrases plus courtes, des chapitres plus brefs et des caractères plus grands. Quelques nuances donc, que les lecteurs habituels ne percevront peut-être même pas, comme en témoigne Amandine Fairon, mais qui pour les apprenants changent tout. Trois autres romans devraient être publiés l’an prochain, pour des apprenants moins avancés. Trois autres verront le jour en 2014. C’est en tout cas ce qu’on souhaite à cette très belle initiative.
Les ouvrages sont vendus au prix de 7,90 euros chacun. Infos: 061/27 94 30 - www.weyrich-edition.be.
mercredi 18 avril 2012
"Ne comptez pas sur un Allemand pour faire une publicité subtile"
En ardent défenseur du service public, il m’arrive de surfer
entre les tunnels publicitaires pour tenter d’écouter les émissions
d’information et de divertissement de La Première radio. Un exercice
volontariste à certaines heures, il faut bien le dire. Dernier exploit en date: ce matin même...
Pour parvenir à boucler le Tour d’Europe des quotidiens, une revue de presse qui a le mérite d’offrir
un peu de recul, il m’a fallu traverser une succession de pubs aussi criardes
qu’agaçantes à force de véhiculer les poncifs de la société de consommation,
quand ce ne sont pas des stéréotypes limite racistes. «Ne comptez pas sur un
Allemand pour faire une publicité subtile», nous conseille le constructeur Opel
plusieurs fois par heure. Ben non tiens !
On peut sûrement compter sur un Allemand pour construire une voiture solide,
comme on peut se fier à un Suisse pour être à l’heure, ou attendre d’un noir
qu’il soit en retard... Mais là, je dépasse les frontières du politiquement
correct. Car si depuis soixante ans l’Europe peut rire des Allemands, comme
depuis trop longtemps les Français s’amusent des p’tits Belges et depuis
toujours les Juifs se moquent d’eux-mêmes, il y a des limites... Par exemple,
il est désormais strictement interdit de ricaner du miracle économique
allemand. Productivité, croissance, taux de chômage, le refrain est connu à
travers l’Europe qui n’a de cesse de l’entonner. Il n’y a que dans la bonne
ville de Bochum que la rengaine sonne faux, comme nous l’apprenait ce matin le
fameux Tour d’Europe de la presse. C’est qu’Opel, le principal pourvoyeur
d’emplois de Bochum, a renoncé à investir en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour
mieux se déployer... en Corée. Pas très subtil, en effet... et finalement pas
si solide que ça non plus.
mercredi 11 avril 2012
Informer, c’est aussi pouvoir renoncer
Nous sommes nombreux à avoir coupé le son au lendemain du
drame de Sierre. Ou à en avoir eu la tentation. Éteindre la télé, refermer le
journal. Car au-delà de l’émotion suscitée par la mort de vingt-deux enfants et
de six adultes, comment ne pas être choqué par certaines pratiques médiatiques?
Des journalistes qui harcèlent des témoins de l’accident de car et les familles
des victimes. Des équipes télé qui escaladent les murs de l’école Sint-Lambertus
d’Heverlee. Des reporters qui forcent la porte d’une chambre d’hôpital en
Suisse. Et, nouveauté, des photos volées sur internet pour être publiées en « une »
de journaux. Aucune émotion ne justifie de tels débordements. Et c’est lui
manquer de respect de décréter a priori que le public demande des éditions
spéciales débordant d’images choc, mais dépourvues d’informations pertinentes.
Ces excès sont davantage motivés par la recherche de l’info exclusive et la
terrible concurrence entre médias que par le souci d’informer. À l’occasion du
jour de deuil national, que certains voulaient voir comme une réconciliation
nationale, les radios et télévisions francophones s’étaient accordées pour
renoncer à toute publicité sur leurs antennes.
| Un dessin de Pierre Kroll que j'avais trouvé digne et fort |
mercredi 28 mars 2012
RTBF, le désamour?
Depuis début mars, les membres de la commission culture du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles auditionnent les acteurs du paysage audiovisuel. Leur motivation? Adopter des recommandations en vue de la négociation du nouveau contrat de gestion que la ministre de l’Audiovisuel doit conclure avec la RTBF d’ici la fin de l’année. Mais certains n’ont pas attendu cet exercice «démocratique» pour faire valoir leur point de vue. Le premier à ouvrir le feu fut le Conseil de la jeunesse. En septembre dernier, il rendait un avis d’initiative, réclamant notamment plus d’émissions pour jeunes ou d’éducation aux médias et l’interdiction des «placements de produits», technique publicitaire (sur)abondante dans «The Voice», par exemple. Quelques mois plus tard, Bernard Hennebert tire une deuxième salve en direction du boulevard Reyers, dans un ouvrage intitulé «RTBF, le désamour». Le fondateur de feu l’Association des téléspectateurs actifs (ATA) n’en est pas à son coup d’essai. Il a déjà consacré trois ouvrages à la radio télévision de service public. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a de la suite dans les idées, jusqu’à pratiquer l’autocitation avec un rien d’agaçante complaisance. Reste que ses constats interpellent.
Côté programmes, il déplore la disparition sans remplacement de certaines émissions de service aux consommateurs, de reportages ou médiation et dénonce le renvoi soit à des heures trop tardives soit sur la trop confidentielle troisième chaîne d’émissions culturelles ou à destination des jeunes. Côté pub, il s’inquiète de son emprise croissante sur les ondes et les antennes de la RTBF, que ce soit par le volume ou par l’évolution des techniques utilisées. Bernard Hennebert termine son ouvrage par dix propositions, allant de l’ouverture du CA à la société civile (et donc à lui?), jusqu’à la disparition d’ARTE Belgique (trop chère) ou la diminution de la pub (en commençant par la suppression du placement de produits). Des pistes à discuter, certes, mais qui ont le mérite d’éclairer un débat dont le public doit pouvoir se saisir faute d’être directement consulté...
Bernard Hennebert, «RTBF, le désamour. Constats et pistes d’évolution», Éditions Couleur Livres,2012.
vendredi 17 février 2012
Bêtise, aveuglement ou… pire ?
Je m’étais récemment ému ici des vacheries que peuvent
s’envoyer au visage responsables politiques et autres humoristes à la mode. Au
risque de paraître obsessionnel, je dois avouer que je continue à m’interroger.
| Il est vrai que la maison communale est fort accueillante... elle. |
mercredi 16 novembre 2011
Le service public, c'est pas bien folichon...
C’était en fin de journée, un samedi je crois. Mais ça aurait très
bien pu se passer un mardi à l’heure du premier café. Je feuilletais
mon journal lorsqu’à la rubrique «Médias-Télévision» mon regard fut
attiré par un article au titre a priori accrocheur: «Diversifier à tout
prix?». Chouette, me dis-je, une étude sur la diversité dans les médias, une
analyse un peu critique des politiques visant à améliorer la
représentation des femmes, des personnes de couleurs, handicapées, à
orientation sexuelle minoritaire; voire des
lesbiennes-handicapées-de-couleurs... on peut rêver! Et me voilà
embarqué dans la lecture de cet article où il n’était en fait question
ni de genres ni de couleurs, mais bien des stratégies de diversification
des médias audiovisuels en matière de produits dérivés et... lucratifs.
C’est ainsi que j’appris que les fans de l’«Amour est dans le pré»
pourront bientôt acheter des bottes en caoutchouc, des tabliers, des
tasses aux couleurs de l’émission, à l’aide d’une carte de crédit éditée
par leur chaîne télé. On n’arrête pas le progrès. Plus loin, je lus
que, tenue par ses missions de service public, la RTBF, quant à elle, ne
peut pas diversifier à ce point son offre de produits. «Rien de bien
folichon donc...» concluait la journaliste à propos de la télé
publique! Alors, de deux choses l’une. Soit cette journaliste n’a
jamais regardé d’émissions de service public, soit la RTBF s’est
largement plantée dans ses missions d’éducation aux médias. Car si ce
n’était le cas, l’auteure se serait demandé ne fut-ce qu’un instant si
c’est vraiment très «folichon» de faire acheter aux téléspectateurs
des articles dont ils n’ont sûrement pas besoin avec de l’argent qu’ils
n’ont pas forcément... et de considérer de surcroît que c’est rendre
service au public!
mardi 8 novembre 2011
Les Roms, d'une misère à l'autre
| Photo Belga |
lundi 21 mars 2011
"Les guerres puritaines"; l'esprit s'invite au débat
Si vous ne voulez pas passer à côté d’une perle, surtout ne lisez pas le quatrième de couverture des «Guerres puritaines», ouvrez directement à la page 9. Car si le résumé peut sembler hermétique, l’ouvrage lui-même, sans se lire comme un roman à suspens, capte néanmoins le lecteur par une bonne dose d’intelligence piquée de nombreux traits d’humour particulièrement rafraîchissants au vu du sujet traité: le port du voile dit islamique. Un humour qui a le bon goût de ne tourner aucun positionnement en dérision et se contente, plus subtilement, de renvoyer dos à dos les principaux protagonistes du débat. D’un côté les «puritanistes religieux» qui «prétendent que les femmes ne peuvent pas laisser voir (leurs cheveux), sauf en certains endroits privés»; de l’autre les «puritanistes laïques» qui estiment que «les femmes peuvent laisser voir leur foulard, sauf en certains lieux publics». Pour les premiers, le foulard est d’abord un vêtement qui cache certaines parties du corps féminin. Pour les autres, il est avant tout un signe, qui sert à manifester certaines convictions. Entre vêtement et signe, un champ (sémantique) de possibles s’ouvre, vaste comme le débat qui anime nos sociétés occidentales depuis une vingtaine d’années, généralement sur le dos, ou plutôt sur la tête, des femmes. Mais l’humour de Bruno Martens, a d’autres vertus que le seul décodage des symboles. Celles, avant tout, de dédramatiser le débat et de rassurer ceux qui perçoivent le foulard comme un rejet avant tout. En ne limitant pas le débat aux seuls principes, ce livre offre en effet des arguments de «simple bon sens» à ceux qui se questionnent, doutent, n’osent pas (encore) ce pas salutaire vers l’autre. «Si l’autonomie des femmes musulmanes doit être prise un tant soit peu au sérieux, conclut l’auteur, alors il faut s’interdire d’interdire tout autant que d’obliger. Il reste permis de discuter, bien sûr, d’autant plus si c’est avec humour». L’ouvrage de Bruno Martens, physicien, philosophe et par ailleurs actif sur le terrain de la cohésion sociale à Schaerbeek, est une salutaire invitation à la discussion.
Martens, B. «Les guerres puritaines, Signes religieux et vêtements pol(ys)émiques», Irfam/ L’Harmattan, coll. Compétences interculturelles (dir. Altay A. Manço), Paris, 2011.
lundi 31 janvier 2011
Record battu au "petit" salon de l'auto
![]() |
| Eternelle Coccinelle |
Janvier n’est-il pas le mois des bonnes résolutions qu’on ne tient pas? Les partenaires sociaux étaient résolus à sceller un accord interprofessionnel, mais le texte a fait hurler les militants. La reprise économique devait pointer le bout du nez, mais de façon si déséquilibrée que même le patron du FMI voit dans le chômage et les tensions entre pays «les graines de la prochaine crise».
Non, décidément, janvier n’aura tenu aucune promesse… sauf peut-être à Brussels Expo, où le «petit» salon de l’auto a attiré 380 000 visiteurs en 10 jours. Un record dont les organisateurs de la FEBIAC se félicitent «en dépit d’un contexte économique délicat...». Voilà qui est rassurant. Lorsque tous les habitants de la planète posséderont autant d’autos que les Européens, il y aura non plus 1,2 milliard de véhicules sur terre, mais 3,9 milliards; de quoi épuiser les réserves pétrolières, doubler les émissions de CO2, généraliser les embouteillages et démultiplier les cas d’asthme...
Et comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, pendant ce salon et sous la pression de la même FEBIAC, des députés MR, VLD, CD&V et NVA ont renoncé à voter une proposition de loi visant à encadrer la publicité pour les voitures et rendre plus lisibles les informations sur leurs émissions de CO2... Ah, dernière bonne nouvelle: février ne fait que 28 jours cette année!
Non, décidément, janvier n’aura tenu aucune promesse… sauf peut-être à Brussels Expo, où le «petit» salon de l’auto a attiré 380 000 visiteurs en 10 jours. Un record dont les organisateurs de la FEBIAC se félicitent «en dépit d’un contexte économique délicat...». Voilà qui est rassurant. Lorsque tous les habitants de la planète posséderont autant d’autos que les Européens, il y aura non plus 1,2 milliard de véhicules sur terre, mais 3,9 milliards; de quoi épuiser les réserves pétrolières, doubler les émissions de CO2, généraliser les embouteillages et démultiplier les cas d’asthme...
Et comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, pendant ce salon et sous la pression de la même FEBIAC, des députés MR, VLD, CD&V et NVA ont renoncé à voter une proposition de loi visant à encadrer la publicité pour les voitures et rendre plus lisibles les informations sur leurs émissions de CO2... Ah, dernière bonne nouvelle: février ne fait que 28 jours cette année!
jeudi 16 décembre 2010
La guerre aux frontières... n'a rien d'une fiction
Voilà une initiative citoyenne qui donne envie d’être vue, soutenue, promue. Didier Seynave, cinéaste à ses heures et grand voyageur par ailleurs, s’est ému, lors d’un séjour au Maroc, des insurmontables difficultés rencontrées par les Marocains désireux de venir voir à quoi ressemble l’Europe ou de rendre visite à leurs familles expatriées ici. Difficultés moins liées aux législations marocaines qu’aux barrières, toujours plus hautes, dressées par l’Europe pour se «protéger».
Cette première indignation, suivie de multiples lectures et rencontres, vient de déboucher, au terme de quatre années de tournage, sur un remarquable documentaire, intitulé «La guerre aux frontières».
Remarquable par son exhaustivité, par sa force d’interpellation, par sa pédagogie aussi. Si le film fait 5h20 - il faut s’accrocher - c’est parce que l’auteur a voulu aborder la question des migrations sous toutes ses facettes. Et il en a dénombré 25, traitées en autant de chapitres qui s’enchaînent pour former un récit; l’histoire d’un candidat migrant, depuis son pays d’origine et ses motivations politiques ou économiques jusqu’à une hypothétique régularisation en Europe.
Autre originalité, ce ne sont pas des migrants qui racontent leur parcours, mais bien des acteurs tant associatifs que politiques, parmi lesquels on regrettera peut-être de ne pas trouver plus de contradicteurs, qui s’en font témoins plus ou moins volontaires, à travers leurs analyses, critiques et commentaires.
Les interviews, nombreuses - 36 personnes ont été interviewées - sont sobres dans la forme, mais généralement interpellantes dans leur contenu, quant elles ne sont pas poignantes. Les propos étonnent, révoltent même. Les chiffres s’imposent, sur des graphiques limpides. Les idées reçues se brisent, sur les récifs méditerranéens ou sous les balles des gardes-frontières. Les questions se font fondamentales : de quel droit empêche-t-on un homme de se déplacer ? De chapitre en chapitre - qui peuvent aussi être vus séparément - la longue quête de Didier Seynave se transforme en parcours quasi philosophique.
Cette première indignation, suivie de multiples lectures et rencontres, vient de déboucher, au terme de quatre années de tournage, sur un remarquable documentaire, intitulé «La guerre aux frontières».Remarquable par son exhaustivité, par sa force d’interpellation, par sa pédagogie aussi. Si le film fait 5h20 - il faut s’accrocher - c’est parce que l’auteur a voulu aborder la question des migrations sous toutes ses facettes. Et il en a dénombré 25, traitées en autant de chapitres qui s’enchaînent pour former un récit; l’histoire d’un candidat migrant, depuis son pays d’origine et ses motivations politiques ou économiques jusqu’à une hypothétique régularisation en Europe.
Autre originalité, ce ne sont pas des migrants qui racontent leur parcours, mais bien des acteurs tant associatifs que politiques, parmi lesquels on regrettera peut-être de ne pas trouver plus de contradicteurs, qui s’en font témoins plus ou moins volontaires, à travers leurs analyses, critiques et commentaires.
Les interviews, nombreuses - 36 personnes ont été interviewées - sont sobres dans la forme, mais généralement interpellantes dans leur contenu, quant elles ne sont pas poignantes. Les propos étonnent, révoltent même. Les chiffres s’imposent, sur des graphiques limpides. Les idées reçues se brisent, sur les récifs méditerranéens ou sous les balles des gardes-frontières. Les questions se font fondamentales : de quel droit empêche-t-on un homme de se déplacer ? De chapitre en chapitre - qui peuvent aussi être vus séparément - la longue quête de Didier Seynave se transforme en parcours quasi philosophique.
Pour en savoir plus sur cette réalisation originale de Didier Seynave avec Christian Cartiaux ou pour se procurer les (2) DVD du documentaire: www.laguerreauxfrontieres.com
vendredi 10 décembre 2010
Cachez ces transferts
Une amie française expatriée à Bruxelles décida de découvrir la Wallonie. C’était une infidélité à la mer du Nord, qu’elle adore par tous temps; à Ostende dont elle a souvent goûté le charme désuet; à l’accent west-flandrien si rude, même lorsque les commerçants répondent en français à leurs clients.Une infidélité motivée par un automne radieux et le «retour des couleurs», comme disent les Canadiens. Ces rouges, jaunes et roux qui pendant quelques journées d’automne illuminent arbres et forêts. Elle avait réservé dans une auberge de charme, aux confins du Condroz et de l’Ardenne. Six chambres proprettes, une cuisine savoureuse et un accueil parfait. Elle fut à la fois comblée et juste déroutée: tous les clients, le soir au repas, parlaient flamand... Ici, dans le cœur de la Wallonie? Elle comprit bientôt que le parton lui-même et son épouse étaient originaires de l’autre côté de la frontière linguistique. Pourquoi pas?
La matinée du lendemain fut radieuse. Après un bon bol d’air et de nature, une belle palette de couleurs et d’odeurs, elle aboutit en ville pour le déjeuner. Une de ces petites villes charmantes et touristiques, dont les terrasses débordent le week-end. Sa première vision fut celle d’une boulangerie-pâtisserie appelée fièrement «bakkerij». Sa deuxième impression fut définitive, assise à la terrasse blindée d’un restaurant où tout le monde parlait flamand, même le serveur: la «Wallonie profonde» est franchement plus exotique que prévu et les transferts Nord-Sud, nettement plus humains qu’annoncés. Drôle de pays, se dit-elle, qui se déchire tout en s’arrachant ses coins de charme.
La matinée du lendemain fut radieuse. Après un bon bol d’air et de nature, une belle palette de couleurs et d’odeurs, elle aboutit en ville pour le déjeuner. Une de ces petites villes charmantes et touristiques, dont les terrasses débordent le week-end. Sa première vision fut celle d’une boulangerie-pâtisserie appelée fièrement «bakkerij». Sa deuxième impression fut définitive, assise à la terrasse blindée d’un restaurant où tout le monde parlait flamand, même le serveur: la «Wallonie profonde» est franchement plus exotique que prévu et les transferts Nord-Sud, nettement plus humains qu’annoncés. Drôle de pays, se dit-elle, qui se déchire tout en s’arrachant ses coins de charme.
lundi 27 septembre 2010
Schaerbeek: ces morts, que l'on ne sait compter
Un peu avant minuit, elles étaient 13. Vers deux heures du matin, on n’en dénombrait plus aucune. Ensuite, on les estima à 2, à dix heures, bien après le lever du jour. Et ce fut 3 - enfin? - dans le courant de l’après-midi.
Elles? Ce sont des personnes. Des personnes avec un nom, un visage, une famille, toute une histoire qui s’est arrêtée net dans la nuit du 25 au 26 septembre dernier, lors de l’explosion d’un immeuble à Schaerbeek.Comment le nombre de personnes décédées dans ce tragique événement a-t-il pu faire l’objet de telles spéculations, d’un aussi macabre jeu de devinettes, d’erreurs aussi grossières que choquantes ? Comment a-t-on pu faire peser, au fil des heures, de tels doutes sur les familles, sur les proches? «On», c’est personne. En tout cas pas seulement les journalistes. C’est tout un bouleversement du traitement de l’information qui interpelle.
Information qui a d’abord circulé sur un site de «sociabilisation», semble-t-il, avant d’être traitée et relayée dans un deuxième temps par les circuits plus traditionnels: dépêches d’agences, publications sur les sites internet de divers médias «professionnels», mais avec les mêmes erreurs. L’urgence, la loi de l’immédiateté imposée notamment par Internet, n’ont pas permis de vérifier l’information. De toute évidence.
Faut-il s’en faire une raison? Les nouvelles technologies ne laissent guère de temps à la vérification, encore moins au recoupage de sources ou à la contradiction. Mais ne pouvait-on pas, quelques heures durant, se contenter d’annoncer une «forte explosion, dont on ignore encore si elle a fait des victimes et combien»?
samedi 5 juin 2010
Le 13 juin, ne tournez pas le dos à la démocratie
Les associations constitutives du Conseil supérieur de l'Education permanente ont pris l'initiative d'un clip fort à propos. En étroite collaboration avec le MOC, ce petit film rappelle, en termes simples, l'importance d'aller voter le 13 juin. A l'heure où nombre d'électeurs seraient tentés de boycotter les urnes, il illustre le fait que, au-delà des questions institutionnelles, les enjeux des élections touchent la vie de chacun d'entre nous.
Ce film sera diffusé sur les écrans de la RTBF, de RTL-TVi et de la plupart des télévisions communautaires à partir du vendredi 4 juin. Vous pouvez le découvrir en avant-première en suivant ce lien: www.vimeo.com/12175082.
Ne tournez pas le dos à la démocratie from Clara Production asbl on Vimeo.
vendredi 28 août 2009
Sauver la poste de Louvain-la-Neuve

Nouvelle illustration de la libéralisation des services publics imposée par l'Europe, et donc par nous: l'unique bureau de poste de Louvain-la-Neuve est menacé de fermeture dans les tout prochains jours.
Les raisons avancées par la direction de la poste sont de stricts, et aveugles, critères de rentabilité.
Un comble dans cette ville habitée par de nombreux étudiants sans voiture et de plus en plus investies par des personnes moins valides attirée par son caractère piétonnier.
Comble du comble, la commune d'Ottignies va y ouvrir une annexe administrative... pour éviter aux Néolouvanistes de se déplacer.Un comité de soutien envisage plusieurs actions dans les prochains jours tout en continuant l’occupation de la poste. N'hésitez pas à signer la pétition en ligne.
Inscription à :
Articles (Atom)






