Une amie française expatriée à Bruxelles décida de découvrir la Wallonie. C’était une infidélité à la mer du Nord, qu’elle adore par tous temps; à Ostende dont elle a souvent goûté le charme désuet; à l’accent west-flandrien si rude, même lorsque les commerçants répondent en français à leurs clients.La matinée du lendemain fut radieuse. Après un bon bol d’air et de nature, une belle palette de couleurs et d’odeurs, elle aboutit en ville pour le déjeuner. Une de ces petites villes charmantes et touristiques, dont les terrasses débordent le week-end. Sa première vision fut celle d’une boulangerie-pâtisserie appelée fièrement «bakkerij». Sa deuxième impression fut définitive, assise à la terrasse blindée d’un restaurant où tout le monde parlait flamand, même le serveur: la «Wallonie profonde» est franchement plus exotique que prévu et les transferts Nord-Sud, nettement plus humains qu’annoncés. Drôle de pays, se dit-elle, qui se déchire tout en s’arrachant ses coins de charme.














