C'était juste avant l'été, une soirée toute simple en famille, pour les 18 ans d'Arthur. Et l'immense surprise de constater que mes frères et moi éprouvons tous trois la même émotion face à cette chanson, d'un artiste pourtant un peu trop fleur bleue à nos goûts. Mes frères, mon neveu et moi, devrai-je dire, puisqu'Arthur a même décidé de la chanter, à la guitare, pour ne pas dire de l'intégrer à son répertoire. Il y a de ces histoires de famille dont les liens relèvent du mystère.
vendredi 17 septembre 2010
mercredi 16 juin 2010
"Art'éropolis", juste fier d'y contribuer pour Haïti
L'idée ne vient pas de moi, je suis d'autant plus à l'aise pour en parler, pour en faire la promotion. Elle vient de Marie-Hélène, notre talentueuse graphiste au MOC, et chouette nana dans la vie. La preuve, ci-après...
Marie-Hélène aime les voyages, s'en nourrit depuis quelques années et a débarqué l'air de rien, un matin, dans mon bureau, pour me soumettre une idée qui lui trottait en tête. L'idée, c'est de joindre la bonne cause à l'agréable en quelque sorte.
Marie-Hélène aime les voyages, s'en nourrit depuis quelques années et a débarqué l'air de rien, un matin, dans mon bureau, pour me soumettre une idée qui lui trottait en tête. L'idée, c'est de joindre la bonne cause à l'agréable en quelque sorte.
Pourquoi ne pas lancer un appel à tout le personnel de l'immeuble (Aéropolis) où on bosse, près de 800 personnes, pour proposer à celles et ceux qui ont une activité artistique de participer à une exposition caritative. Chacun exposerait plusieurs de ses œuvres, les mettrait en vente, et le fruit de la première vente reviendrait à notre ONG (Solidarité Mondiale) en vue d'aider les projets de reconstruction à Haïti. Idée simple et donc bonne: valoriser la face méconnue et artistique de nos collègues pour aider le Sud, du win-win comme disent les économistes déjà dépassés.
La sauce a vite pris. Mais on n'avait prévu ni la chute du Gouvernement fédéral ni les pudeurs de nos collègues. Plusieurs fois, on a pensé reporter, voire annuler, l'opération. Mais on a tenu bon, et le vernissage aura lieu dans quelques jours seulement: le mardi 21 juin à 18h. Inutile de dire que nous ne sommes pas prêts et que nous flippons un peu. Il en va tant de notre crédibilité que des caisses de Solidarité Mondiale et de nos partenaires de Haïti. Mais il est trop tard pour faire marche arrière. Ce qui nous sauvera c'est d'être juste assez crédibles pour susciter de nouvelles vocations et recommencer de plus belle l'an prochain.
En tout cas, on croise les doigts et on remercie les artistes qui ont accepté de se prêter au jeu d'offrir une de leurs œuvres à Haïti. Et moi, je remercie déjà nos futurs visiteurs et acheteurs, et mon cher Thomas qui a accepté de se prêter à ce jeu là aussi.
Rendez-vous sur http://arteropolis.blogspot.com/ pour découvrir le travail de ces artistes différents, mais talentueux et si généreux tous ensemble, et ce mardi 21 juin de 17h à 20h à Aéropolis, chaussée de Haecht à Schaerbeek.
La sauce a vite pris. Mais on n'avait prévu ni la chute du Gouvernement fédéral ni les pudeurs de nos collègues. Plusieurs fois, on a pensé reporter, voire annuler, l'opération. Mais on a tenu bon, et le vernissage aura lieu dans quelques jours seulement: le mardi 21 juin à 18h. Inutile de dire que nous ne sommes pas prêts et que nous flippons un peu. Il en va tant de notre crédibilité que des caisses de Solidarité Mondiale et de nos partenaires de Haïti. Mais il est trop tard pour faire marche arrière. Ce qui nous sauvera c'est d'être juste assez crédibles pour susciter de nouvelles vocations et recommencer de plus belle l'an prochain.En tout cas, on croise les doigts et on remercie les artistes qui ont accepté de se prêter au jeu d'offrir une de leurs œuvres à Haïti. Et moi, je remercie déjà nos futurs visiteurs et acheteurs, et mon cher Thomas qui a accepté de se prêter à ce jeu là aussi.
Rendez-vous sur http://arteropolis.blogspot.com/ pour découvrir le travail de ces artistes différents, mais talentueux et si généreux tous ensemble, et ce mardi 21 juin de 17h à 20h à Aéropolis, chaussée de Haecht à Schaerbeek.
samedi 5 juin 2010
Le 13 juin, ne tournez pas le dos à la démocratie
Les associations constitutives du Conseil supérieur de l'Education permanente ont pris l'initiative d'un clip fort à propos. En étroite collaboration avec le MOC, ce petit film rappelle, en termes simples, l'importance d'aller voter le 13 juin. A l'heure où nombre d'électeurs seraient tentés de boycotter les urnes, il illustre le fait que, au-delà des questions institutionnelles, les enjeux des élections touchent la vie de chacun d'entre nous.
Ce film sera diffusé sur les écrans de la RTBF, de RTL-TVi et de la plupart des télévisions communautaires à partir du vendredi 4 juin. Vous pouvez le découvrir en avant-première en suivant ce lien: www.vimeo.com/12175082.
Ne tournez pas le dos à la démocratie from Clara Production asbl on Vimeo.
dimanche 30 mai 2010
Vingt kilomètres, à la bonne heure... et quelque!
Ben voilà. Il est 23h. Thomas vient de monter dans son Renault Espace vieux comme le monde. Je m'inquiète de son retour, peur qu'il s'endorme au volant comme il s'était endormi à table, voici juste un an, après avoir couru les 20 kilomètres de Bruxelles. Mais il ne pouvait rester. Demain, il passe son premier examen de fin d'année.
L'an dernier, nous avions fait notre petit possible, lui et moi, pour Solidarité Mondiale. Cette fois, il a amélioré son temps de 5 minutes, sans plus marcher. Et moi, j'ai fait 8 minutes de mieux, je crois. C'est presque du bonheur. Je ne sais pas combien de temps encore mes genoux accepteront de jouer à ce petit jeu de la compétition, mais je les remercie d'avoir tenu aussi loin, et je les supplie de résister encore un peu, sans opération, infiltration, intervention. L'espoir fait courir.
vendredi 21 mai 2010
Quand Claire et Thomas s'amusent au bain

Voilà ce que cela peut engendrer comme résultat; un peu décalé, toujours inventif, généralement très sympa et si rarement de mauvais goût. Ces deux là, c'est certain, ont du talent. Et sont photogéniques à souhait, ce qui ne gâche rien.
N'hésitez pas à vous faire votre propre opinion en les retrouvant sur leurs blogs respectifs: les photos de claire sur http://rollandclaire.perso.sfr.fr, et les peintures de Thomas sur http://samothomas.canalblog.com.
N'hésitez pas à vous faire votre propre opinion en les retrouvant sur leurs blogs respectifs: les photos de claire sur http://rollandclaire.perso.sfr.fr, et les peintures de Thomas sur http://samothomas.canalblog.com.
jeudi 13 mai 2010
Recette simple et délicieuse de carottes "à la Oli"
Carottes "à la Oli", à ne pas confondre avec les fameuses carottes à l'aioli.Cette recette est issue d'une grande improvisation de dernière minute et d'un frigidaire à moitié vide, en accompagnement d'un coquelet au rhum et à l'estragon. Le tout servi avec du riz complet et sauvage, mais ça, c'est pour la petite histoire.
En fait, c'est tout simple:
- nettoyer et couper les carottes en rondelles pas trop fines,
- les faire cuire à la vapeur, avec sel et poivre, jusqu'à ce qu'elles soient encore un peu fermes,
- faire revenir dans une sauteuse, une échalotte, un morceau de gingembre et quelques feuilles d'estragon, le tout finement haché,
- égrener un quart - ou un demi suivant quantité - cube de bouillon de légumes,
- ajouter les carottes après quelques minutes, et les faire sauter un moment,
- verser un ou deux décilitre(s) de crème (c'est facultatif) et achever le cuisson (c'est mieux),
- servir en utilisant éventuellement un cercle, pour la forme.
Voilà, juste envie de partager cette simple mais néanmois délicieuse recette improvisée. D'autres suivront peut-être. Je ne vais pas faire un marmiton.org bis, mais commentaires et suggestions bienvenus.
- les faire cuire à la vapeur, avec sel et poivre, jusqu'à ce qu'elles soient encore un peu fermes,
- faire revenir dans une sauteuse, une échalotte, un morceau de gingembre et quelques feuilles d'estragon, le tout finement haché,
- égrener un quart - ou un demi suivant quantité - cube de bouillon de légumes,
- ajouter les carottes après quelques minutes, et les faire sauter un moment,
- verser un ou deux décilitre(s) de crème (c'est facultatif) et achever le cuisson (c'est mieux),
- servir en utilisant éventuellement un cercle, pour la forme.
Voilà, juste envie de partager cette simple mais néanmois délicieuse recette improvisée. D'autres suivront peut-être. Je ne vais pas faire un marmiton.org bis, mais commentaires et suggestions bienvenus.
mercredi 5 mai 2010
Win4All: un jeu à gratter où tout le monde gagne
Un petit film qui rend compte de la campagne de sensibilisation de Solidarité Mondiale et du Ciep à propos de la mondialisation des droits sociaux. Elle s'appuie sur une carte à gratter, un jeu dont tout le monde sort gagnant. Merci à toutes celles et ceux qui y ont contribué.
dimanche 2 mai 2010
Bordeaux, du côté de la base sous-marine
Une des nombreuses photos de ces quelques journées passées à Bordeaux et Arcachon.Une image différente, moins proprette que le centre-ville, moins lumineuse que le ciel girondin, moins grandiose que les vues habituelles de la Garonne et juste un peu floue, hélas; un bateau échoué dans les eaux de la base sous-marine, vestige vaste et inquiétant de la deuxième guerre, partiellement transformé en centre culturel....
vendredi 9 avril 2010
Quand le virtuel prend chair

Souvent je me dis que je suis bien paresseux. Que tant de choses me touchent, m'attendrissent, me révoltent, me révulsent, m'angoissent, m'émerveillent, que je devrais avoir matière à nourrir ce blog léger jour après jour. Et je n'en fais rien...
Par exemple, ce week-end, ce soir, j'attends la visite de Nicola et Davide, que j'ai rencontrés sur la toile et qui viennent découvrir Bruxelles. C'est magique en soi. Il y a la magie de la rencontre, il y a aussi l'extraordinaire magie du net qui permet à des êtres que rien ne rapprochait à échanger et à finir par se rencontrer. Nicola, c'est ça. Des mois d'échanges virtuels, puis une rencontre à Paris, et enfin cette visite à Bruxelles. Rien, à part le plaisir d'échanger, ne devait nous rapprocher. Mais les "nouvelles technologies", l'ont permis presque provoqué.
Pendant ce temps là, je passe peut-être à côté de mon voisin, là dans la rue, tout proche, avec qui j'aurais peut-être plein de choses à échanger aussi, et des solidarités à construire. Comment faire pour gérer cela, pour assumer ce que je rate et ce que je gagne? Que j'arrête peut-être de tout politiser, de tout expliquer, de tout cadenasser. Que j'accepte le fait que je suis un grand timide et que correspondre pendant plusieurs mois avec quelqu'une cela m'aide à le rencontrer "en vrai" par après. Pourquoi pas? Pourquoi le net ne serait-il pas juste une chance pour des êtres comme moi, après tout? Avec tous ses autres défauts, par ailleurs...
mardi 16 mars 2010
Les mots qu'on ne dit pas
Ce sont des mots tout simples, les mots qu'on pense très fort, qu'on essaie d'exprimer quand il est trop tard, mais qu'on n'arrive pas à dire quand c'est le moment. C'est "je t'aime", "je tiens à toi", "merci pour toi", "pour tout", non "juste pour toi, simplement". C'est "je suis si fier et si heureux que tu sois entré dans ma vie"... "et je ne sais pas comment te le dire". Alors, je le dis à ta maman, pour qu'elle s'en souvienne dans son pays où il n'y a plus de trous de mémoire: merci Mariette de nous avoir donné Jean, aussi.
vendredi 15 janvier 2010
Le paradis, pardi!

Petit dessin envoyé par un médecin du SMG (Syndicat de la Médecine Générale) pour illustrer les commentaires de certains...
- 90 personnes attrapent la grippe H1N1 et tout le monde veut porter un masque.
- 5 millions de personnes ont le sida et personne ne veut porter de capote!
- 1000 personnes meurent de la grippe A dans un pays riche, c'est une pandémie.
- Des millions de personnes meurent de paludisme en Afrique, c'est leur problème...
vendredi 11 décembre 2009
Et de quatre...
Moi je pensais, franchement, qu'il faudrait un an. Une bonne année de misère, de désespoir, de suicide, de fin du monde, d'horreurs si horribles qu'on ne peut même pas les décrire. Je pensais qu'il faudrait un an et que si je survivais, ça irait. De mieux en mieux, jour après jour. Et je n'avais sans doute pas totalement tort. La vie suit son court, revient, reprend ses droits. Sans jamais trop dire qui elle est, ni où elle va. Mais ce que je ne pensais pas, ce que je n'aurais jamais imaginé, c'est que quatre ans plus tard, tu me manquerais encore. Si seulement je parvenais à identifier ce que tu m'as donné qui me manque à ce point...jeudi 3 décembre 2009
Rejoignez la vague pour le climat, samedi à Bruxelles

L'objectif est de donner un signal fort aux dirigeants belges et du monde entier, et ce à deux jours du début du sommet pour le climat à Copenhague. Nous réclamerons qu'ils approuvent un accord puissant et légalement contraignant pour combattre les changements climatiques.
Nous nous rassemblerons le samedi 5 décembre à 14h place du Luxembourg à Bruxelles. La SNCB offre un billet à 8 euros aller-retour au départ de toute gare belge.
Pour plus d'info sur l'organisation de la journée, surfez sur Coalition Climat.
Pour plus d'info sur l'organisation de la journée, surfez sur Coalition Climat.
lundi 7 septembre 2009
Combat de "moule frite" sur mini table Saarinen

Je dois admettre qu’il n’y a aucune raison de publier la photo d’une barquette de frites, précédant un plat de moules, au devant d'un gobelet de bière, jouxtant une mini table "Saarinen", elle-même surmontée d’une moule croquant une frite. Aucune raison de publier ça, sinon le plaisir de partager une photo qui m’amuse et me rappellera, longtemps j’espère, un chouette souvenir: ma découverte de la braderie de Lille avec Thomas. Cette photo en dit assez, sauf les yeux clairs de Thomas, la chaleur de son nouvel appartement, l’accent du Nord qu’il imite si bien. À moins que tout ça, je le garde pour moi, longtemps…
vendredi 28 août 2009
Sauver la poste de Louvain-la-Neuve

Nouvelle illustration de la libéralisation des services publics imposée par l'Europe, et donc par nous: l'unique bureau de poste de Louvain-la-Neuve est menacé de fermeture dans les tout prochains jours.
Les raisons avancées par la direction de la poste sont de stricts, et aveugles, critères de rentabilité.
Un comble dans cette ville habitée par de nombreux étudiants sans voiture et de plus en plus investies par des personnes moins valides attirée par son caractère piétonnier.
Comble du comble, la commune d'Ottignies va y ouvrir une annexe administrative... pour éviter aux Néolouvanistes de se déplacer.Un comité de soutien envisage plusieurs actions dans les prochains jours tout en continuant l’occupation de la poste. N'hésitez pas à signer la pétition en ligne.
mardi 18 août 2009
Le dépaysement est au coin de la route
Cet été, comme nous étions en mal de vacances lui et moi, il n'a rien trouvé de mieux que de nous faire relier, à pied, Laplaigne, où Bernadette goûtait une verte villégiature, à Montbrehain, où le beau Thomas viellait sur la maison maternelle.
Nous voilà donc partis, un lundi midi, sous le soleil déjà chaud, traînant une légère gueule de bois après un barbecue sympathiquement arrosé, et portant un sac à dos nettement moins léger, sur les routes et sentiers franco-belges, pour trois jours d'une marche plutôt rythmée. Trois jours de plaisir et de bons souvenirs, avec quelques douleurs et même de renoncements. Mais trois jours, surtout, de dépaysement qui m'ont donné l'illusion, ou l'impression, de véritables vacances. Merci à tous et à Nicolas qui nous a servi de guide jusqu'à la frontière et à Thomas qui se fit chauffeur de taxi et à Carole et Francis qui nous ont si chaleureusement accueillis.
jeudi 11 décembre 2008
mercredi 26 novembre 2008
Sentiments (très) distingués

"Voici une présentation de ce que mon être se met à créer à certains moments... écrit Thomas Rousseau, pardon Samoth, en ouverture de son blog. Rien de prétentieux, juste un défouloir! poursuit-il. Mais aussi une passion!"
Quelques mots simples, presque timides, pour présenter une oeuvre nettement plus complexe et forte, souvent torturée, urgente parfois, peut-être même naïve, mais jamais lisse ou facile, jamais terne ou banale, ni superflue. Sûrement pas superflue.


Samoth fait partie de ces hommes qui ont des choses à dire. Et qui attendent d'avoir mal pour les exprimer. Cela donne ces visages surexpressifs, ces regards désespérés, ces lèvres charnues, ces couleurs chaudes, malaxées, comme matière vive.
Samoth est de ces gens qui ont du talent, à revendre, mais ont peur de le galvauder. Pas question de s'inscrire dans une académie, même pour rompre la solitude du créateur; les profs, les perspectives, les harmonies de couleurs risqueraient d'altérer cette spontanéité dans laquelle il se défoule tant. A tort, ou à raison.
..
..Samoth est un poète, qu'il l'admette ou non. Au-delà des coups de pinceau ou de couteau, sous les coulées des fusions, dans la pureté des abstraits, derrière les mille visages de la dame, se glissent des titres jolis, drôles, forts; des oeuvres en soi: "Capitulation", "Raoul le fromager", "Ida la bergère" - que l'on voit ici - ou encore, "Chamboulpeine", "Le cabossé de la Jaguar", "Bonjour je suis nouveau ici", "L'incertitude poilu", "Pélagie regarde un poisson cru", "Je peins comme ça me tombe sous la main"... Des titres qui en disent long, même si lui, il prétend les choisir presque au hasard.
Samoth est un homme, beau et jeune, timide et exubérant, tout en doutes et en recherche. Son esprit, dirait-on, n'est jamais au repos. Il conçoit à l'heure cent idées, généralement bonnes, toujours folles. Il se lève à l'aube pour ne gaspiller aucun moment créatif et se couche tôt pour assimiler idées et fantasmes. Il gère ses silences, moins timide qu'il n'y paraît, ou s'abandonne en flots de paroles, trop longtemps contenues.
Thomas regarde les gens, les visages, les histoires humaines, à travers ses grands yeux, si bleus.
La crise financière par sa face cachée

Depuis des semaines, la crise est analysée par d’éminents spécialistes et politiques de tous bords… L’évolution de la Bourse, de l’euro, du pétrole, de l’activité économique est commentée au jour le jour. Pourtant, cette masse d’informations semble le plus souvent passer à côté d’une analyse sérieuse des causes de cette crise et des leçons politiques qu’il faut en tirer. Non pas les causes techniques (bulle immobilière, produits toxiques, etc.), ni les leçons politiques immédiates (régulation, contrôle, etc.), mais les causes « systémiques » et les leçons structurelles à long terme.
Le subprime n’est pas le problème
Commençons par les causes systémiques. Les fameux subprime, dont on nous dit qu’ils sont à l’origine de la crise, ne doivent ni leur naissance ni le lieu de leur formidable essor au hasard. Les subprime, c’est-à-dire les emprunts hypothécaires « sous-garantis », sont nés aux États-Unis, où, depuis les années Reagan, la politique de restriction salariale a multiplié le nombre de « travailleurs pauvres ». Deux récents rapports , l’un de l’OIT l’autre de l’OCDE, montrent que dans le monde, et aux États-Unis particulièrement, les inégalités salariales se renforcent depuis plus de vingt ans, la pauvreté augmente, et l’on assiste à un recul notoire de la part des salaires dans la valeur ajoutée. C’est vrai également en Europe, où la part salariale normalisée dans la valeur ajoutée est passée de 66,3 % en 1982 à 57,7 % en 2006 . Un contexte « idéal » pour le développement des subprime. Certes, il faut ajouter que ces crédits à risque ont fait le bonheur des courtiers, spéculateurs, traders et autres vautours de la finance.
Mais le problème de fond n’est pas le subprime en lui-même, c’est l’appauvrissement croissant d’une part importante de la population américaine, appauvrissement dont les causes ne sont pas à rechercher bien loin : développement du travail temporaire et à temps partiel, compression des salaires – en tout cas au bas de l’échelle –, médiocrité des prestations sociales (soins de santé, pensions, chômage), insuffisance chronique de services publics. En somme, la crise financière et économique que l’on nous montre au grand jour a une autre face que l’on nous cache : celle de la crise de l’emploi et des modes de redistribution. Imaginons un instant qu’aux États-Unis, les travailleurs aient tous un emploi stable, de qualité, rémunéré à sa juste valeur, et qu’ils aient droit aux soins de santé, à une pension légale, et au chômage en cas de perte d’emploi : la plupart d’entre eux n’auraient jamais dû recourir aux subprime, et ceux-ci n’auraient pas contaminé le système financier international. On peut s’étonner que cet aspect des choses ne fasse pas la une de l’actualité, que les analystes financiers ignorent superbement les questions de redistribution, et que la plupart des experts arrêtent leurs analyses aux subprime et se refusent à remonter plus haut, en amont, dans l’analyse d’un système fondé sur l’accroissement des inégalités.
La régulation ne suffira pas
Dès lors que l’on admet que la crise financière et économique plonge ses racines dans une crise de l’emploi et des modes de répartition, il faut en conséquence en adapter les réponses politiques. Certes, aujourd’hui, tout le monde semble s’entendre sur le fait que la régulation, la transparence et le contrôle des institutions financières doivent être renforcés.
Au Mouvement ouvrier chrétien, nous pourrions ironiser sur les surprenants changements de discours, sur les soudaines conversions de la droite antiétatique, sur la nationalisation précipitée d’institutions bancaires par un ministre libéral. Car, avec d’autres, nous avons toujours défendu le rôle de l’État, que ce soit pour développer les services publics, ou pour organiser et réguler la finance ; et ce, moins pour des raisons idéologiques que parce que nous souhaitons plus de contrôle démocratique et d’équité sociale.
Nous pourrions aussi rappeler que, alors que les mouvements sociaux comme le nôtre réclamaient le renforcement de la pension légale, basée sur la solidarité et la répartition, des responsables politiques ont préféré encourager fiscalement le recours aux deuxième et troisième piliers de pension, conduisant ainsi beaucoup de nos concitoyens à placer leur confiance dans ce qui pourrait se révéler être une chimère.
Mais le temps n’est pas à l’ironie. Il est aux leçons à tirer de cette double crise. Or, la régulation, la transparence, le contrôle, aujourd’hui présentés par tous comme la solution, ne s’attaquent pas aux racines du mal. Ils ne s’attaquent qu’aux questions de fonctionnement, bien réelles, mais presque marginales par rapport à l’ampleur du problème global. Le jour où les banques seront parfaitement transparentes et contrôlées, octroieront-elles des emprunts hypothécaires aux familles des travailleurs pauvres qui ont besoin de se loger ? Si la réponse est « non » (parce que le risque est trop grand), cela voudra dire que le sauvetage des banques se sera fait au prix de l’abandon pur et simple des travailleurs au bas de l’échelle sociale, qui ne pourront plus compter ni sur leur salaire, ni sur l’emprunt pour se loger. Mais alors, quel devrait être le rôle du politique là-dedans ? En réalité, il ne doit pas faire en sorte que la réponse à cette question soit « oui », mais il doit faire en sorte que cette question ne se pose plus. Qu’il n’y ait plus de travailleurs pauvres, tout simplement. Que chacun, par son travail et par la protection sociale, puisse disposer de ressources suffisantes pour pouvoir se loger, se nourrir, se soigner. Ce simple énoncé paraissait évident il y a 30 ou 40 ans. Quelques décennies de néo-libéralisme, et de croissance, sont parvenues à le rendre presque suspect, presque doctrinaire, alors qu’il ne s’agit rien de moins que de reconnaître la condition humaine, en deçà de laquelle nous sommes dans le registre de l’exploitation.
Au moment de négocier un nouvel accord interprofessionnel, il n’est pas inutile de rappeler cela au monde patronal : faute de s’engager à inverser les tendances récentes particulièrement défavorables aux travailleurs, les négociateurs de l’accord interprofessionnel se condamnent à remettre en place les conditions d’une nouvelle bulle ou à entériner l’appauvrissement durable des travailleurs.
Améliorer la qualité de vie
Mais il y a dans cette double crise, un troisième aspect que l’on ne peut passer sous silence. C’est celui d’une remise en question non plus du capitalisme financier, mais du capitalisme tout court, de la croissance à tout prix qui épuise les ressources de la planète. On a pu entendre ces dernières semaines que la crise économique qui s’annonce sera bénéfique pour la lutte contre le changement climatique. Pourtant, le pire des scénarios serait de se contenter de sauver les banques, d’attendre que la crise passe en assistant, tout heureux, à la baisse passagère des émissions de CO2, puis de recommencer le business as usual. Il faut profiter de ce moment de déséquilibre pour imaginer de nouveaux modes de développement qui ne nous conduisent pas à une dette environnementale abyssale et aux désastres sociaux sans précédent qu’elle entraînerait inévitablement. Or, de ce point de vue, l’optimisme n’est pas de mise. Tout comme le capitalisme financier n’a pas vu venir la crise, tant il était obsédé par la recherche du profit rapide, le capitalisme tout court ne semble pas voir venir la crise climatique et environnementale, tant il est obsédé par la recherche de nouveaux marchés et la création de nouveaux produits.
Certes, il est facile de parler de nouveaux modes de développement, mais plus difficile d’en dessiner les contours. Nous pensons que dans ce domaine, outre le politique et l’économique, le citoyen se doit d’agir. Si l’ensemble des habitants du monde accédait au niveau de vie des Européens, il faudrait les ressources de 3 planètes. S’ils décidaient de suivre le mode de production et de consommation des habitants des États-Unis, il en faudrait 6. Cela devrait suffire à nous convaincre qu’il nous faut absolument rompre avec ce modèle inefficace, inéquitable, pollueur et dévoreur de ressources, et au final : destructeur et meurtrier. Pour qu’un autre modèle soit possible, il nous faut transformer radicalement notre manière de produire, de consommer, de vivre. Il nous faut réclamer et obtenir plus de qualité de vie, par de meilleurs services publics, une répartition plus équilibrée du travail et de la richesse, l’égalité d’accès à l’éducation, aux droits culturels, à la santé. Il nous faut remplacer les indicateurs de croissance par des indicateurs de bien-être, social comme environnemental. Il nous faut exiger plus de redistribution sociale et de justice fiscale. Il nous faut promouvoir un modèle économique qui ne se fonde pas sur la compétition et les inégalités, mais sur la coopération et les services collectifs.
Sans cela, le chaos actuel pourrait laisser la place à une situation bien plus grave encore, dont on a peine à imaginer les conséquences pour l’humanité toute entière.
Thierry Jacques
lundi 2 juin 2008
Nos paroles s'envolent, nos combats demeurent!
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| Bernard Lanssens |
Mai s’achève et avec lui l’aventure Radio Pavé ; la web-radio que le MOC Hainaut Centre a consacrée aux 40 ans de mai 68 en direct du Bateau Ivre, à Mons. C’était un pari fou : consacrer, tous les soirs du mois de mai, deux heures d’émission en direct aux 40 ans de mai 68. Le pari est tenu.
En tout, 150 personnes se seront succédées aux micros de la web-radio du Mouvement Ouvrier Chrétien. Témoins des luttes de 68, acteurs sociaux et culturels, citoyens, interrogés sur le vif ou interpellés par nos émissions. L’objectif était de donner la parole au plus grand nombre et surtout à celles et ceux qui en sont trop souvent privés. Cet objectif là aussi est atteint.
Merci à vous, qui nous avez écoutés, merci à nos invités, merci à nos animateurs, techniciens, graphistes, modérateurs, reporters et tous les autres pour n’oublier personne… Merci à Bernard, aussi, qui s'est prêté au jeu un peu risqué d'une émission entièrement consacrée à la militance homosexuelle. Une première!
Vous pouvez réentendre nos émissions archivées sur le site de Radio 28, la radio associative du MOC de Verviers. N’hésitez pas, non plus, à revoir les photos de ce mois intense sur notre photoblog. Et nous espérons pouvoir vous proposer bientôt le meilleur de Radio Pavé sur un support adapté. Nous vous tiendrons bien sûr au courant de la suite de cette aventure.
Que la révolte soit avec vous !
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